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PARLER DU COVID-19 aux ENFANTS

Publié le 8 avril 2020 à 17:50 Comments commentaires (13229)

DONNER AUX ENFANTS DES INFORMATIONS SUR L’EPIDEMIE

Une des 1ères recommandations utiles est d’organiser l’information sur l’épidémie

Présenter le confinement à vos enfants comme une situation temporaire pendant laquelle tous les enfants, adolescents et adultes sont obligés de rester chez eux. Expliquer que cette situation permet aussi de soigner plus rapidement les personnes malades et que ce temps partagé pourra être mis à profit pour réaliser des activités ensemble et découvrir de nouvelles choses ! Aussi, éviter de garder la télévision ou la radio allumée en permanence sur les informations, cela peut renforcer l’anxiété. On peut choisir de chercher l’information sur des sites sérieux et que l’on apprécie habituellement.

 Aider les parents et familles face au confinement

Donner aux enfants des informations sur l’épidémie INFORMATIONS AUX JEUNES ENFANTS FICHE 1 Aider les parents et familles face au confinement Les enfants écoutent, et comprennent beaucoup plus que nous le pensons. Ils écoutent les médias avec nous. Ils sont logiques et posent de bonnes questions. Nous avons le droit de ne pas savoir répondre, mais il est important de ne pas leur raconter d’histoires « pour les rassurer ». Ils ont confiance en nous, et il est important qu’ils gardent confiance dans le fait que nous leur dirons la vérité à condition de la filtrer. Vous pouvez déjà leur demander ce qu’ils connaissent du coronavirus : « Qu’est-ce que tu sais ? Qu’est-ce que tu te dis ? » Encourager les questions de vos enfants vis-à-vis de la situation, demander leur de préciser pour être sûr.e de bien les comprendre et leur répondre de façon ajustée. Pour expliquer ce qu’est le coronavirus simplement, vous pouvez vous appuyer sur les bandes dessinées réalisées sur internet expliquant le coronavirus comme la carte mentale réalisée par mescartementale.fr que vous pouvez télécharger gratuitement : https://www.mescartesmentales.fr/unecartementale/coronavirus-explique-aux-enfants/

Donner des informations concrètes et simples (en fonction de ce que peut comprendre l'enfant bien sûr), par exemple :  Il est rare qu’un enfant soit malade du coronavirus. Mais si ça arrivait, il serait soigné et guéri.  Tout nez bouché ne veut pas dire qu'on est atteint du Covid-19, on peut simplement être enrhumé !  La plupart des gens ne tombent pas gravement malades et ou ont très peu de symptômes mais il ne faut pas que tout le monde tombe malade en même temps pour qu'on puisse bien soigner les malades.  Si un parent tombe malade, il portera un masque et on fera attention en famille. Et si c’était vraiment grave, et si les deux parents étaient à l’hôpital, on aurait le temps de les confier à une personne proche qu'ils connaissent déjà et qui s'occuperait d'eux pendant que les parents seraient soignés.  Hôpitaux, médecins et infirmières, tout le personnel soignant est mobilisé pour nous assurer des soins de qualité en cas de maladie. Les scientifiques cherchent et sont en train de trouver des médicaments efficaces.  Le Figaro, 18 mars : « Dimanche, j’expliquais à Elliot, 4 ans et demi, ce qu’il fallait faire pour que le virus rentre à sa maison. Ce à quoi il a répondu : mais maman, le virus n’a pas de maison, c’est pour ça qu’il cherche des gens pour se mettre au chaud ». Donner aux enfants des informations sur l’épidémie

POUR LES ENFANTS PLUS GRANDS ET LES ADOLESCENTS Pour les enfants plus grands et les adolescents, qui sont en âge de chercher eux-mêmes l’information sur Internet, les préparer à l’existence de « fake news » (fausses informations) et discuter ensemble de ce qu’ils trouvent comme informations.  N'hésitez pas à dévoiler vos émotions et à leur montrer comment cette situation vous impacte et comment vous y faites face. Vous pouvez ensuite réfléchir avec eux à la manière de participer activement à la diminution de la propagation du coronavirus, tout en réalisant des activités intéressantes et utiles.  Valoriser tout ce qu'on met en place pour se protéger, dont le confinement.  Reconnaître que se sentir stressé.e, et ressentir des sentiments d’isolement, d’ennui, de peur, d'angoisse, de culpabilité et de colère sont des réactions normales à une situation tout à fait nouvelle et stressante comme celle du Coronavirus. Pour nous et pour nos enfants. Il est donc important d’accepter et valider ces sentiments pour nous-mêmes et pour nos enfants, même s'ils sont exprimés de façon excessive par moments.  Encourager les questions de vos enfants vis-à-vis de la situation, l’expression de leurs sentiments et de leurs craintes, vérifier leur état d’esprit régulièrement pour montrer que vous êtes bien présent et attentif à eux. Donner aux enfants des informations sur l’épidémie Aider les parents et familles face au confinement Cette fiche a été réalisée à partir de contenus proposés par le collectif Attachement du service du Professeur Antoine Guédeney de l'Hôpital Bichat, Paris, et retravaillée par des membres de l'Observatoire de la Parentalité et du Soutien à la Parentalité de l'Université Grenoble Alpes : Isabelle Filliozat, Marine Paucsik, & Rebecca Shankland

L'ENFANT PRECOCE INSUPPORTABLE SELON Claire GRAND (Psychologue)

Publié le 1 novembre 2019 à 11:20 Comments commentaires (2019)

L'enfant précoce insupportable

Je rencontre beaucoup, beaucoup de parents découragés, « à bout », en pleurs. Ils m’expliquent que leur enfant est explosif, excessif, opposant. Ils se sentent démunis.

Les psychologues spécialisés et les associations, telles que l’AFEP, l’ANPEIP, l’ASEP suisse ou d’autres peuvent les aider, mais il leur faut surtout comprendre d’où vient le problème.

Qu’est-ce qu’un enfant précoce insupportable ?

C’est un enfant qui ne gère pas ses émotions et ses réactions, à cause d’une réactivité cérébrale trop intense et de l’hypersensibilité qui en découle.

C’est aussi et surtout un enfant qui va mal, car cette hypersensibilité peut faire souffrir.

Et surtout, s’entendre sans cesse reprocher des comportements qu’il ne contrôle pas, une hypersensibilité dont il est la première victime, concourt à augmenter sa souffrance et le sentiment d’être incompris et mal aimé. Cela aggrave aussi son comportement : se sentant incompris et mal aimé, l’enfant s’oppose ou explose de plus en plus souvent. C’est un cercle vicieux.

Une famille démunie face à un enfant précoce insupportable

C’est normal que parfois, les parents saturent lorsque l’enfant est vraiment insupportable, malgré tout l’amour qu’ils lui portent. Si l’enfant pique une colère, crie, se montre violent et incontrôlable, ce n’est pas le moment d’agir. Il ne peut pas se calmer et se raisonner instantanément, il faut attendre que la tension retombe. Il faut qu’il sache que lors de ces débordements, il doit s’isoler dans un endroit calme et que ce n'est pas une punition : c'est la meilleure façon d'apaiser la situation. Ensuite, il sera temps d’ouvrir le dialogue et de chercher à comprendre ce qu’il a ressenti et pourquoi il a explosé.

Pourquoi se met-il dans cet état ? Pourquoi se comporte-t-il si mal ? On pourrait poser la question autrement : « Pourquoi en arrive-t-il à être malheureux alors qu’en apparence il a tout pour être heureux ? »

« Tout pour être heureux » est une expression qu’on utilise pour parler des autres, en se référant uniquement aux apparences. Qui est compétent pour juger si un enfant a tout ou pas pour être heureux ? Les apparences sont souvent trompeuses.

Un enfant précoce peut avoir en apparence tout ce qu’il faut et manquer de l’essentiel : l’amour. Ou du moins le sentiment de compter vraiment pour ceux qu’il aime. Il peut manquer aussi de renforcements positifs : il a besoin d’entendre et voir qu’il est quelqu’un de bien, d’autant qu’il a lui-même une bien mauvaise estime de soi. Au contraire, il ne bénéficie pas assez de mots gentils, de compliments, d’œil qui brille, de fierté à son égard, alors que les critiques sont fréquentes puisqu’il se comporte mal, épuise son entourage et se montre insolent. Il est facilement blessé, car son hypersensibilité émotionnelle lui fait voir chaque réflexion, chaque reproche comme une preuve qu’il ne vaut rien et qu’on ne l’estime pas.

Le pire pour lui est de chercher à faire de son mieux et fournir des efforts, toujours plus d’efforts, sans résultat. On lui reproche même de ne pas en faire assez. Alors pourquoi essayer de faire encore plus d’efforts pour ne rien gagner d’autre que des critiques ? A quoi se raccrocher pour aller mieux si les efforts sont vains ? Il se sent tellement seul et incompris.

Il n’y a peut-être pas plus invisible que les efforts. C’est le cas pour les enfants « dys » qui font plus d’efforts que les autres, pour des résultats scolaires décevants et des reproches sur leurs résultats irréguliers et leurs efforts supposés insuffisants. On leur dit : « Je sais que tu peux faire mieux ». Oui, il peut faire mieux, mais pas constamment, car cela demande une quantité d’efforts qu’il ne peut pas fournir en continu. On ne peut pas toujours faire des efforts, surtout sans encouragement. Les parents et les enseignants doivent en prendre conscience avant que l’enfant ne se décourage durablement.

Pour un enfant précoce qui est insupportable, c’est la même chose.

Quand on déplore le comportement d’un enfant, quand on ne le supporte plus, la meilleure façon d’améliorer la situation n’est certainement pas de lui faire des reproches, le punir, le culpabiliser, l’accuser. Surtout s’il est à haut potentiel ou plutôt « à haute émotivité ».

La seule solution, c’est de chercher à le comprendre pour l’aider à aller mieux. Son comportement inadapté ou dérangeant ne pourra s’améliorer que s’il va mieux, s’il se sent compris et aimé.

On a tendance à davantage faire des remarques négatives (reproches) que positives (compliments). Et pourtant, si on faisait le contraire, ce serait tellement mieux : les gens s’entendraient mieux, seraient plus motivés pour faire un bon travail et respecter les autres, et peut-être auraient moins de problèmes psychologiques et médicaux. Il y aurait sans doute moins de violence.

« Commencez par rendre heureux ceux que vous voulez rendre meilleurs » a dit un directeur de collège, le frère Théotique, en 1839. Il avait tellement raison. Si vous souhaitez que le comportement de votre enfant s’améliore, rendez-le heureux, ou plutôt rassurez-le.

Devant un enfant difficile, épuisant, colérique et récalcitrant, la première chose à faire pour des parents est de comprendre qu’il ne fait pas exprès de se comporter ainsi, mais que c’est parce qu’il va mal : il souffre, se sent nul, anormal, pas assez bien, pas assez aimé. Il a peur.

Il souffre et on le lui reproche. Il doit faire des efforts constants pour supporter son hypersensibilité, sa réactivité, son anxiété, son besoin d’amour jamais satisfait…et on lui reproche de ne pas faire d'effort. Il fait des efforts pour essayer de se conformer aux attentes des adultes, mais ça ne leur suffit jamais. Quelle injustice à ses yeux !

Il faut comprendre enfin que pour l’aider, il faut lui montrer qu’on l’aime et le rassurer sur sa valeur. Et rien d’autre. Il n’a pas forcément besoin d’une psychothérapie, encore moins de reproches et de punitions. Juste de l’amour.

Cela ne veut pas dire qu’il faut tout lui passer et accepter ses comportements inacceptables. Il doit améliorer son comportement, mais pour cela, il a besoin d’aide, de compréhension et d’amour. Il faut lui expliquer qu’il n’est pas responsable de son hypersensibilité, mais qu’il doit apprendre à bien se comporter et contrôler ses réactions. Il n’est pas responsable de sa tendance à mal se comporter mais s’il ne fait rien pour changer, il sera responsable. Ça ne sera pas facile, mais il peut compter sur ses parents pour l’y aider.

La sophrologie peut aussi l’aider en ce sens.

Cinq façons d'aider les enfants à mieux se repérer dans l'espace

Publié le 13 août 2019 à 15:40 Comments commentaires (28240)

Cinq façons d’aider les enfants à mieux se repérer dans l’espace

Auteurs

Kym Simoncini

Assistant Professor in Early Childhood and Primary Education, University of Canberra

Tracy Logan

Assistant Professor, University of Canberra

Les puzzles apprennent aux enfants à jongler avec toute une série de paramètres spatiaux.

Quand nous devons lire un plan, préparer le coffre de la voiture pour les vacances, monter un meuble en kit ou découper un gâteau en parts égales, nous faisons appel à des compétences en raisonnement spatial.

Celles-ci nous permettent de manipuler mentalement des objets ou d’inclure dans nos paramètres de réflexion les notions d’espace, de position, de surface et de taille.

Ce type de raisonnement est important non seulement dans la vie de tous les jours mais également quand on veut embrasser une carrière dans les sciences, la technologie, l’ingénierie ou les maths.

L’aisance d’un enfant en matière de raisonnement spatial est l’un des meilleurs moyens de prédire s’il se tournera vers un métier scientifique ou technique. Ces compétences sont tout particulièrement en jeu dans les emplois où l’on doit par exemple lire et créer des images graphiques ou ultra-sonores, des dessins techniques et des plans d’architecte, ou même les coupes transversales d’un système de chauffage et de plomberie.

Elles vont de pair avec de bonnes aptitudes en maths. De fait, les facilités en maths des enfants en bas âge sont un indice bien plus sûr de leur future réussite scolaire que leur précocité en lecture ou leurs qualités sociales et émotionnelles.

La bonne nouvelle, en ce qui concerne les compétences de raisonnement spatial, c’est qu’elles sont malléables. En d’autres termes, on peut les améliorer en les pratiquant.

Il y a beaucoup d’activités amusantes et faciles que les parents ou éducateurs peuvent faire avec leurs enfants pour les aider à aiguiser ce type de raisonnement. En voici cinq fondées sur les enseignements de la recherche.

Jouer avec des cubes

Alors qu’on sait en général que les jeux de cubes développent la motricité fine, les compétences sociales, linguistiques et cognitives, peu de gens sont conscients qu’ils sont étroitement liés au raisonnement dans l’espace.

Les enfants qui jouent avec des cubes ou des briques de construction ont plus de facilités à se repérer dans l’espace que les autres enfants. Cette activité suppose en effet de savoir gérer une multitude de pièces à tourner, déplacer et repositionner. Les jeux dans lesquels les enfants doivent reproduire une structure donnée à partir d’instructions sont tout particulièrement utiles.

Tout en jouant, on utilise aussi un vocabulaire spécifique – avec des propositions comme « à côté de », « au-dessus de », « en dessous de » – ce qui est important pour élaborer des représentations. En fait, les enfants et les adultes ont beaucoup plus recours à ces expressions dans ce type de jeux que dans les autres, y compris les jeux d’imitation (jouer à la marchande, au prof, au chef cuisinier…;), les jeux avec des figurines ou les jeux de balles.

Développer leur vocabulaire

Le langage est un appui important pour raisonner dans l’espace. Plus les enfants entendent ce vocabulaire spécifique, plus ils l’intégreront. Les enfants qui ont les connaissances les plus étendues dans le domaine sont susceptibles de mieux se repérer dans l’espace en grandissant.

Les parents peuvent contribuer à cette facilité d’expression en utilisant des mots pour décrire les objets d’après :

leurs dimensions (grand, petit, court, large, étroit)

leur forme (cercle, carré, triangle, ovale, rectangle)

leurs propriétés (rond, droit, courbe, pointu)

Quand vous demandez à des enfants de ranger leurs affaires, soyez aussi précis que possible sur les emplacements. Dites-leur par exemple de « jeter la boîte dans la poubelle de recyclage », de « déposer les livres sur l’étagère » ou de « mettre la pâte à modeler à côté du micro-ondes ».

Faire des puzzles

À l’instar de ce qui se passe avec les cubes, il existe des liens bénéfiques entre la pratique des puzzles et l’aptitude à se situer dans l’espace. Les enfants qui font des puzzles ont plus de facilités pour se repérer que ceux qui n’en font pas. Comme dans les jeux de briques, il faut en effet tourner et déplacer simultanément un grand nombre de pièces.

Lorsque des enfants se lancent dans un puzzle, nous pouvons les encourager à persévérer et les aider à imaginer quelles pièces pourraient convenir, soit en se basant sur leurs formes (« il nous faut une pièce avec un bord plat »;), soit en visualisant les éléments manquants de l’image (« nous avons besoin de feuilles couleur vert clair »;).

Assurons-nous aussi que la taille du puzzle n’excède pas leurs capacités – il faut que ce ne soit pas trop facile mais pas trop dur non plus. Combien d’entre nous n’ont-ils pas renoncé à un puzzle de 1 000 pièces représentant pour 800 d’entre elles le ciel ou la mer ?

Utiliser des plans

Des cartes, il y en a tout autour de nous. Elles figurent les liens spatiaux entre les objets dans le monde réel. Les plus jeunes adorent regarder et créer des plans. Des études auprès d’enfants d’âge pré-scolaire ont montré que la consultation et l’usage de plans aidaient les enfants à mieux circuler quand ils doivent se retrouver dans un dédale d’objets.

Des jeux comme les chasses au trésor à partir de cartes et de symboles directionnels (à gauche, à droit, en haut, en bas, vers le nord ou le sud) sont un moyen divertissant d’aider les enfants à raisonner dans l’espace.

Explorer et créer des cartes de toutes sortes, depuis des planisphères aux plans de centres commerciaux, en passant par les plans de quartier, voilà qui aide à comprendre comment le monde qui nous entoure peut se représenter de différentes façons et à différentes échelles. Les cartes à déplier et les cartes numériques comme Google Maps et Google Earth sont de merveilleuses ressources.

Donner de l’importance aux gestes

Beaucoup de gens s’expriment en faisant des gestes, et c’est particulièrement vrai quand ils parlent d’espace, par exemple quand il s’agit d’indiquer des directions.

D’autres recherches montrent que les professions scientifiques et techniques font la part belle aux gestes quand il s’agit de résoudre des problèmes liés à l’espace et que les étudiants exposés à cette gestuelle pendant leur formation s’en sortent mieux face aux tâches à résoudre.

Les enfants devraient être encouragés à se servir de leurs mains quand ils doivent expliquer des mouvements ou indiquer des lieux ou des objets. Et les parents peuvent leur montrer l’exemple.

Traduit de l’anglais par Aurélie Djavadi.

Education bienveillante juin 22, 2018 Natacha Butzbach

Publié le 19 avril 2019 à 15:45 Comments commentaires (21393)

Tu es en colère ? Et si on s’amusait un peu ?

Le sujet de l’éducation est régulièrement abordé lorsqu’il s’agit de faire face à une difficulté.

Tant que tout va bien, on n’en parle pas voire on n’y pense pas.

Puis arrivent les premières prises d’autonomie des enfants, leurs premières compétences et les initiatives perçues (par les adultes) aussi maladroites qu’inopportunes.

On entend parler du «Terrible Two», de la crise d’opposition et des colères. Et là, ça y est ! On se dit qu’il faut trouver des solutions pour que l’enfant soit plus agréable à vivre.

C’est vrai qu’une colère à cause de la couleur d’un verre, le manque d’enthousiasme à se préparer ou à enfiler ses chaussures et la propension curieuse à jeter ses jouets les plus lourds à travers la pièce (je peux continuer sur les adolescent.e.s : l’insolence, le bazar laissé partout, …;), sont des attitudes qui sont observées avec suspicion par l’adulte. Je dirai même plus qu’elles génèrent souvent agacement et énervement.

Alors, en réaction, on se doit d’intervenir (Accessoirement, si on peut se passer d’un bloc de bois en pleine tête, c’est plus sympa !). La réaction de base est « On ne fait PAS ça ! » (Tu déclines le « ça » en milles possibilités inventives �� ) associé d’un « NON ! ». Ou alors on minimise l’importance de ce qui déclenche la colère : « Mais enfin, ce n’est qu’un verre ! », « tu peux quand même te dépêcher ! ».

C’est assez logique pour les adultes, puisqu’on parvient à mettre en perspective les différents éléments qui engendrent de la contrariété. On sait que la couleur d’un verre ne change rien au goût du contenu ; que même si l’on n’a pas vraiment envie, il faut bien bouger et donc enfiler ses chaussures… Et que jeter des objets n’est pas adapté à une vie sociale harmonieuse (Je ne sais pas pour toi, mais je connais des personnes qui ont quand même tendance à le faire, sur le coup de l’agacement… !).

Seulement, le petit enfant n’a pas le même niveau réflexif et de lien de causalité que nous, adultes. Le cerveau n’acquiert son plein potentiel qu’aux alentours de 25 ans (pour autant qu’on ne l’ait pas maltraité avec trop de substances psychoactives… Eh oui ! L’alcool et les drogues sont lourdement délétères pour le développement cérébral et, donc, toutes les compétences émotionnelles et cognitive

L’éducation bienveillante, comme je l’ai décrite dans mon article sur la discipline positive, est une manière d’aborder l’enfant et ses réactions différemment. En somme, elle offre, à l’adulte, une autre perspective de sa situation auprès de l’enfant.

En ouvrant le champ des possibles grâce à la compréhension du développement cognitif et émotionnel, l’adulte s’offre de nouvelles possibilités d’actions.

Pour être plus concrète, quelques menus exemples :

« Stop ! » est plus efficace pour arrêter une action que le « Non », qui est utilisé dans tous les contextes ;

La tournure de phrase négative : « Tu ne dois pas faire…. » n’est pas assimilée par le petit qui n’entend que l’action et pas la négation ;

La distraction est un outil majeur ! Après un refus (S’opposer au fait que Petit Cœur prenne sa deuxième glace de la journée en juxtaposant, immédiatement après le refus, une autre source d’attention. Par exemple : « Non, tu as déjà eu une glace aujourd’hui ! Oh, dis donc, là-bas il y a des ballons/chats/autres enfants (le contexte fera la réponse !), allons voir ! ». Jusqu’à un certain âge, l’enfant se distrait et change de point d’attention très rapidement.

Bien sûr, ce n’est pas tout ! Mon objectif présent n’est pas de te fournir un annuaire des outils, mais de répondre à « Quel rapport avec le fait de s’amuser ? ».

J’y viens.

Quand j’ai découvert la discipline positive et plus largement, l’éducation bienveillante, j’ai pris conscience de la nécessité d’écouter ses besoins, ceux de l’enfant, de comprendre ses réactions en regard de son développement émotionnel et cognitif, d’adapter son environnement à l’enfant et qu’il fallait lâcher-prise. Mais j’avais l’impression que les réactions bienveillantes demandaient quelque chose de plus… Cela ne me semblait pas « simple et naturel », bien qu’à la lecture des propositions, c’était évident et tout-à-fait pertinent !

Lectures faisant, par une exploration plus profonde de divers sujets et d’une perspective de vie plus harmonieuse (en chassant la violence et la tension, grâce à un« mode de vie CNV »;), j’ai mis le doigt sur le dénominateur commun aux réactions dans le cadre d’une éducation bienveillante : être dans la joie et avoir de la créativité !

Trouver une alternative à un comportement jugé inadéquat ne peut être initié que par l’adulte. L’enfant va agir en mettant en œuvre ses compétences à l’instant « T » et démontre « la solution » ou « l’expérience actuelle» qu’il acquiert (dans la tête de l’enfant : Ok, j’ai la force de lancer des blocs en bois et même assez loin. Puis ça fait du bruit. Hum ! Je vais un peu voir si cela fonctionne pareil si je l’envoie là-bas !). L’enfant n’a pas d’intention malveillante : il explore son environnement, découvre les propriétés physiques des éléments qui l’entoure et agit dans l’idée d’appréhender son univers (L’eau, ça se renverse, ça coule et je peux l’étaler… comme la peinture…Mais, étrangement, Untel, l’adulte face à moi semble plus catastrophé de me voir mouillé de peinture que d’eau… !)

L’enfant va aussi apprendre énormément en observant et en écoutant. Le ton de voix et la manière de bouger, par exemple, vont influencer le développement de l’enfant. Si un adulte a tendance à s’emporter régulièrement, il est fort probable que le mimétisme survienne. Tout comme un comportement physiquement démonstratif (Jeter quelque chose à terre par énervement ou attraper quelqu’un par le bras) sera tôt ou tard imiter par le petit.

L’adulte qui souhaite faire évoluer les attitudes de son enfant, doit lui-même se pencher sur ses propres attitudes. Et je sais à quel point cela peut être difficile de se regarder dans le miroir… Mais aussi combien cela fait grandir !

C’est là que la joie et la créativité font leur entrée dans l’éducation de l’enfant… Mais aussi dans la vie, en général.

L’espoir principal des parents est que l’enfant soit heureux et se développe harmonieusement. Quelle meilleure motivation que de voir ses référent.e.s exister avec joie et enthousiasme ?

La joie, ce n’est pas éviter toute la tristesse du monde et/ou la cacher. La joie, c’est un sentiment de satisfaction, un sentiment de bonheur, de gaieté et de bonne humeur. Pour se faire, il faut que nos besoins (à différencier des envies) soient comblés et que les évènements négatifs puissent être perçus sans exagération (c’est en ce sens que le lâcher-prise est important : relativiser). C’est dans ce cadre-là que tu mobilises ta créativité et ta flexibilité d’esprit.

Comme tout exercice de la pensée, cela demande de l’entraînement, ainsi que de l’indulgence tant envers soi qu’envers son enfant.

La créativité, dans tous les domaines, s’exerce. Il devient plus facile d’inventer des histoires à partir du moment où l’on en crée chaque jour. Il est plus naturel d’écrire quand c’est fait régulièrement. Il est plus facile d’apporter une alternative comportementale quand on l’a déjà fait auparavant.

Les débuts peuvent être poussifs et cela peut être décourageant, comme on a l’impression de ne pas être naturel en situation. C’est sûrement le cas, mais l’enfant ne prête pas d’attention spécifique à ce flottement mais plutôt à la finalité, à ce que tu maintiens au final.

Cas fréquent d’un enfant qui va taper, où la réaction classique est « On ne tape pas ! », puis on se remémore l’utilité de recourir à des formulations positives et on se rattrape en disant : « les mains, c’est pour les caresses ! ». On peut y adjoindre l’acte à la parole en montrant l’exemple à l’enfant.

Le résultat ne sera peut-être pas immédiat, mais au fur et à mesure, les formulations négatives ne seront plus autant activées, les réponses seront plus naturelles (Oui ! il faudra répéter 1000 fois : « On fait des caresses au chat ! Ta main à plat, c’est plus doux ! ». Donc vous aurez le temps de l’exercer … �� ).

Cela vaut aussi pour les réactions émotionnelles face à une « bêtise » (je préfère appeler cela des «expériences curieuses »;) : la tendance générale est de monter dans les tours. Un enfant qui dessine sur le mur du salon, fraîchement repeint (ou pas d’ailleurs), ce n’est pas vraiment le style de déco qu’on attendait. L’idée dans ce cas-là, c’est de se créer des réactions calmes. D’abord, en constatant les faits, il est utile de s’offrir 3 secondes pour inspirer et souffler (c’est le temps de pause). Oui, c’est moche. Non, ce n’est pas grave en fait…

Une proposition de réaction pourrait être : « je crois que le feutre fonctionne mieux sur une feuille ! (en montrant la feuille et en invitant l’enfant à se diriger vers l’endroit adéquat) ». La coupure du geste cessera sans doute l’action. Si l’enfant est assez grand, on peut aussi l’inviter à réparer son action : prendre un chiffon et frotter.

Il en va de même avec les enfants plus grands. Le désordre est pénible à supporter, mais s’énerver et ranger à leur place n’a pas d’impact à long terme. L’idéal est de constater les faits (l’observation des faits est clef : va donc jeter un œil sur cet article !) et de les accompagner dans la « réparation ».

Ce principe de réparation responsabilise l’enfant, lui apprend à agir et permet à l’adulte d’être dans une posture de transmission et non pas de punition/énervement sous l’emprise d’émotions non contrôlées. Là aussi, tu fais appel à ta créativité pour accompagner la réparation et les alternatives… Et à ta joie de vivre, parce que réparer une « bévue » peut aussi s’effectuer en chantant. C’est d’ailleurs vraiment plus agréable de s’entraîner à chanter une mélodie gaie en ramassant du verre cassé plutôt qu’en pestant envers notre maladresse (ou celle d’autrui).

La joie favorise une plus grande créativité puisqu’un état émotionnel calme permet de fonctionner de manière optimale. Il est alors intéressant de s’orienter vers une nouvelle approche du rapport au monde. Un automobiliste qui nous coupe la route de manière soudaine, engendre une réaction de colère (ponctuées de toutes les manifestations fleuries assorties) : et si tu instaurais une autre réaction lors d’une bouffée de colère. Cela s’appelle «créer de nouveaux automatismes». Il pourrait suffire de respirer profondément lorsqu’une bouffée de colère monte. « Ce comportement m’énerve ! Bon ! Je vais souffler! » Et ceci, en joignant l’acte à la parole.

Le fait de prendre ce temps de respiration et d’exprimer son émotion vont faire en sorte que le climat émotionnel se régule plus vite qu’en restant sur « c’est vraiment un BIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIP, il conduit comme un BUUUUUUUUUUP ! Non, mais vraiment ! ». De plus, en agissant de la sorte, tu montres l’exemple à l’enfant : une manière de réagir en cas de colère. C’est un coup double gagnant !

La joie et la créativité, c’est aussi faire du jeu un outil de collaboration avec l’enfant : « Faisons la course pour mettre son pyjama ! » ; « On quitte le parc, qui fait des pas de géants jusqu’à la voiture ? » (Pour quitter le parc de jeux sans heurt) ; « Oh ! Le lit, ça rebondit! Et si on allait plutôt faire des cabrioles ensemble dehors ?! » (Pour éviter d’exploser le sommier… Foi d’enfant qui a détruit son lit, à l’époque !) ; « Viens que je te chatouille les dents avec la brosse et tu feras pareil avec moi ! » ; Je vois que tu as vraiment envie de ce jouet-là. D’ailleurs, j’aimerais te prendre bien plus de jouets que celui qu’on a choisi hier. Il nous faudrait des bacs à jouets gigantesques ! Grands comment, tu crois ? ».

Toutes ces petites actions distrairont l’enfant et lui offriront la reconnaissance de ses envies (dont il a besoin), sans pour autant accéder à la demande.

Il n’y a pas de mal à faire de sa vie un jeu. Autant adulte qu’enfant, si nous nous plaisons à agir avec une perspective autre que la contrainte, en ayant une motivation intrinsèque à le faire, les situations sont plus agréables. L’adoption de la communication non-violente est également un processus qui aura des répercutions majeures sur le mode d’éducation et dans la perception du monde, tout simplement. J’aime toujours me rappeler qu’il est essentiel de détacher l’individu de ses actes.

Untel n’est pas pénible : il a un comportement perçu comme pénible. Cela permet de se questionner sur la/les raisons qui engendrent ces actions-là, à cet instant-là.

Cela permet de rechercher des éléments de contexte et des explications plutôt que la caractérisation de l’individu qui cristallise autant les émotions négatives que l’absence d’empathie (attention, comprendre n’est pas cautionner ! �� ).

C’est un exercice qui demande quelques tâtonnements, mais qui vaut vraiment le détour afin de percevoir le monde et l’enfant sous un angle propice à la sérénité de tous.

La « zenitude » s’apprend, comme tout le reste !


HARCELEMENT SCOLAIRE

Publié le 5 septembre 2018 à 15:15 Comments commentaires (14042)

Environ "un enfant sur dix" est victime de harcèlement scolaire, "12% en primaire, 10% au collège et 3 ou 4% au lycée", a rappelé dimanche 2 septembre sur franceinfo, Catherine Verdier, psychologue et analyste, spécialiste des enfants et adolescents, à la veille de la rentrée scolaire. 12 millions d'écoliers, de collégiens et de lycéens reprennent le chemin de l'école lundi.


"Le harcèlement scolaire ce n'est pas un conflit, ce n'est pas un jeux d'enfants, c'est une violence répétée, continue, de la part d'un ou de plusieurs élèves à l'égard d'un enfant" avec "ce concept, horrible à dire, qui est de nuire", a expliqué la spécialiste. "Au bout d'un moment, les faits, les actes, les paroles vont abîmer la victime qui va finir par perdre l'estime de soi, la confiance en soi", décrit-elle, déplorant qu'il n'y ait pas assez de personnes formées en France pour aider les enfants à sortir de cette situation.

franceinfo : Est-ce qu'on sait combien d'élèves seraient victimes d'harcèlement scolaire en France ?

Catherine Verdier : Les chiffres officiels c'est grosso modo, un enfant sur dix. Il faut savoir qu'il y a 12% de harcèlement scolaire en primaire, 10% au collège et 3 ou 4% au lycée. Le collège étant plutôt caractérisé par le cyber-harcèlement. Le harcèlement scolaire c'est une violence, ce n'est pas un conflit, ce n'est pas un jeux d'enfants, c'est une violence répétée, continue, de la part d'un ou de plusieurs élèves à l'égard d'un enfant. On a une disproportion des forces, c'est-à-dire qu'on a un enfant qui est plus fort qu'un autre qui a du mal à se défendre. Et puis vous avez ce concept, horrible à dire, qui est de nuire. Au bout d'un moment, les faits, les actes, les paroles vont abîmer cet enfant, cette victime qui va finir par perdre l'estime de soi, la confiance en soi. Cette victime va raser les murs, elle ne va plus vouloir aller en cours, elle va être mal et l'agresseur, ou les agresseurs, voient leur travail et ils continuent pourtant, c'est ce qu'on appelle l'intentionnalité ou l'intention de nuire et là, on parle de harcèlement. A sept ans, on peut avoir conscience que le harcèlement fait mal. C'est vrai que la notion de groupe n'est pas complètement établie avant six ou sept ans, donc les statistiques démarrent à partir de 7-8 ans. Au-delà de huit ans, oui, ils savent qu'ils font mal. [Concernant le cyber-harcèlement] parfois certains enfants arrivent à en parler, pouvoir trouver un adulte à qui se confier même si on a honte et peur, il faut absolument en parler effectivement.

Est-ce que les enseignants et les éducateurs sont suffisamment formés et informés pour détecter qu'un enfant est victime d'harcèlement ?

Là-dessus je suis formelle, non. Il n'y a pas assez de gens formés. On a tous les outils en France, on a tout ce qu'il faut pour lutter contre une situation de harcèlement. En particulier la méthode Pikas, qui est une méthode de préoccupation partagée et qui permet de résoudre une situation de harcèlement. On peut en fait un cheval de bataille comme dit le gouvernement mais je crois qu'au-delà de ça, il faut aller vers de la prévention avant que le cyber-harcèlement n'arrive. Il faut éduquer les enfants à ce qu'on appelle les compétences sociales, les compétences psycho-sociales, à savoir se parler, se regarder, s'entendre, s'écouter, à connaître et à reconnaître les émotions de l'autre, ou encore à pouvoir se mettre à la place de quelqu'un d'autre. Il faut savoir que l'empathie par exemple, existe chez les tout-petits, chez les bébés à partir de 18 mois.

Quand on est parent, qu'est-ce qui doit alerter ?

Tout changement brusque de comportement. Un enfant qui était bon élève et qui ne l'est plus, un enfant qui ne veut pas manger ou qui a des problèmes de sommeil, qui ne veut plus aller à l'école ou s'investir dans ses activités qu'il adorait. Dans ces cas-là, il faut s'interroger, ce n'est pas forcément du harcèlement scolaire mais il faut être vigilant et attentif. Il faut essayer d'entrer en communication avec l'enfant, essayer de savoir ce qu'il se passe, aller voir les enseignants éventuellement pour discuter de comment ça se passe en classe, essayer d'avoir un dialogue avec l'école.

Il y a un peu plus d'un an, le gouvernement a mis en place un plan pour lutter contre le harcèlement à l'école avec une journée nationale, une campagne de sensibilisation et un numéro vert, le 3020, est-ce que c'est suffisant ? Que proposez-vous ?

Ce n'est pas suffisant. La preuve, les chiffres ne baissent pas. Selon moi, tant que les directions d'écoles ne prendront pas le problème à bras le corps, tant qu'on nous répètera que le harcèlement c'est dans les écoles voisines, pas chez nous... Il y a une forme de déni sur le sujet, une forme d'impuissance aussi pour ceux qui se rendent compte des choses mais qui ne savent pas quoi faire et puis il y en a certains autres qui prennent le problème à bras le corps. Tant qu'on n'aura pas un discours qui vient d'en haut, un discours clair, un discours de chef de file, chacun fera du bricolage.

COMPORTEMENT SUICIDAIRE

Publié le 13 septembre 2017 à 6:05 Comments commentaires (9457)

6 façons d’identifier les comportements suicidaires avant qu’il ne soit trop tard

Comment aider quelqu'un qui ne souhaite plus vivre ? Comment trouver de l'aide quand on n'a soi-même plus la force d'exister ? Elements de réponse...

Pendant longtemps, ce sujet grave n’a guère été discuté par l’opinion publique car il est considéré comme délicat ou simplement tabou d’évoquer un suicide, ou l’envie d’en finir avec la vie. L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) encourage les pays à investir davantage dans les politiques publiques favorisant la prise de conscience de la population quant aux comportements suicidaires.

Ces 6 signaux peuvent aider à identifier les intentions suicidaires d’une personne et peut-être la sauver :

1. Les comportements qui dénotent d’une souffrance intense

Les pensées obsessionnelles, les plaintes concernant le fait que la vie n’a pas de sens le désespoir, l’incapacité à changer, le manque d’énergie pour les tâches ordinaire, beaucoup de temps passé au lit, la difficulté à prendre de simples décisions et la perte d’intérêt pour des activités que l’on considérait comme agréables… Face à une personne qui présente ces signaux, parlez avec un ton accueillant, en vous montrant proches et solidaires, et aidez-la à se diriger vers une aide spécialisée. Ces signaux sont révélateurs d’une dépression, une maladie de plus en plus courante et qui a besoin d’être soignée. Cela ne signifie pas nécessairement qu’il y a une tendance au suicide, mais ce sont des signaux d’avertissement à ne pas négliger.

2. Des changements drastiques d’humeur

Au cours de la journée, il est normal d’avoir des changements d’humeur : on peut se sentir bien et tout à coup être envahi par la colère ou par la tristesse, en réaction à certains événements. Cependant, ces altérations d’humeur peuvent être extrêmes, impulsives et fréquentes chez certaines personnes. Faites attention aux changements soudains, exagérés et injustifiés ; et en cas d’urgence, n’hésitez pas à appeler des professionnels de la santé et à demander de l’aide. Ces changements doivent également être surveillés avec attention chez les adolescents. L’adolescence est une période où les changements de comportement sont communs, leur gravité est donc susceptible de passer inaperçue. Si l’adolescent se renferme dans sa chambre sans vouloir parler à personne et sans savoir comment exprimer sa souffrance de manière claire, essayez de l’écouter sans juger et faites preuve de compréhension. Si la communication est trop compliquée, cherchez une aide spécialisée.

3. Des événements choquants ou traumatiques

Des événements très douloureux, surtout quand ils sont inattendus, peuvent avoir un fort impact négatif : la mort d’un être cher, la perte d’un travail important et bien rémunéré, une maladie grave, des cas d’intimidation – tout cela peut être facteur déclencheur d’un suicide. Lorsque ces événements provoquent des changements soudains dans la routine quotidienne et le comportement, la personne ne sait plus comment réagir et cesse de faire des choses qu’elle considérait avant comme importantes. Restez proche d’elle et amenez-la chez un psychologue ou un psychiatre.

4. Des avertissements verbaux

La personne désespérée qui pense mettre fin à sa vie donne, en général, des signes de sa souffrance intérieure avec des phrases comme : « Je n’en peux plus » ; « Je veux mourir » ; « La vie n’en vaut pas la peine » ; « Sans moi, ça sera mieux pour tous » ; « J’aurais préféré de ne pas être né. » S’agit-il seulement d’une exagération ? Oui, mais dans le doute, soyez attentifs à ces signaux et aux autres indices qui accompagnent un comportement dépressif suicidaire.

Ces phrases ne doivent jamais être ignorées. Certains pensent qu’une personne qui veut vraiment se tuer n’avertit pas. C’est faux. Celui qui veut se tuer, donne toujours une série d’indices, verbaux ou non. Rappelez-vous des statistiques : pour chaque suicide commis, il y a environ 10-20 tentatives qui le précèdent.

5. Les troubles psychologiques et de dépendance

Les risques augmentent lorsque la personne souffre de troubles psychologiques comme de : dépression sévère, trouble bipolaire, personnalité borderline, schizophrénie, stress post-traumatique ou traumatisme dû aux abus physiques et sexuels. Plus de 50% des suicides ont été commis par des personnes souffrant de dépression ou de troubles de l’humeur, y compris ceux qui dérivent de la dépendance aux drogues et à l’alcool. Les médicaments associés à la consommation d’alcool constituent aussi un cadre dangereux.

Faites également attention aux comportements irresponsables récurrents, tels que l’abus d’alcool et de drogues, la conduite imprudente et la pratique sexuelle désordonnée. Les personnes qui présentent ces comportements, ne nourrissent pas toutes des pensées suicidaires. Cependant, ces indices requièrent une attention, une orientation et un traitement spécial, car ils indiquent un degré assez élevé d’insatisfaction intérieure qui ne peut être ignoré.

6. Des améliorations soudaines

Quand une personne habituellement triste et déprimée se montre tout à coup allègre, il y a un risque qu’elle planifie de passer à l’acte. L’amélioration apparente peut n’être qu’une simulation. Observez aussi si la personne semble résoudre des questions en suspens, si elle semble dire au revoir aux amis et à la famille ou si elle fait don de ses biens. Ces changements soudains chez une personne qui était récemment au fond du gouffre doivent être traités avec beaucoup de prudence. Informez votre médecin et ayez aussi recours à des services d’orientation.

Dans toutes ces situations :

– Observez et surtout écoutez la personne.

– Soyez patient et réceptifs à son angoisse.

– Accompagnez-la aux visites médicales.

– Avertissez les membres de la famille proche.

Et si la personne qui pense au suicide c’est vous, donnez-vous une chance et cherchez aujourd’hui même une aide spécialisée. Ouvrez-vous ! Ce que vous êtes en train d’endurer peut se résoudre, mais vous avez besoin d’aide et de soutien

Comment accueillir les émotions du jeune enfant

Publié le 12 juillet 2017 à 2:40 Comments commentaires (3420)

Les tout-petits expriment leurs émotions de façon brute, sans filtre. Les adultes qui les entourent, notamment les professionnels qui les accueillent jouent un rôle essentiel dans la réception et la compréhension de ces émotions.

Apprendre à observer l’enfant

Emmi Pikler était pédiatre de famille et transmettait ses réflexions aux parents pour les aider à accompagner leur enfant : agir moins et observer plus. Elle a voulu mettre en évidence que le jeune enfant prenait dès l’enfance une part active dans son développement. Ses travaux se sont d’abord portés sur la motricité libre : la capacité de l’enfant à réaliser de lui-même ses acquisitions motrices, un potentiel inscrit dans ses gènes. Ses recherches se sont ensuite étendues à l’activité autonome : sa capacité à initier une activité constructive, « élaborative », à travers laquelle l’enfant construit ses savoirs et développe sa pensée.

L’objectif de l’Association qui porte aujourd’hui son nom est de former les professionnels à l’observation, ou comment être attentif à ce que le tout-petit exprime. En effet avant de savoir parler, l’enfant dispose d’un mode de communication pré-verbal qui passe par le corps, les gestes et les émotions. Le rôle de l’adulte est de chercher à comprendre ces manifestations et de lui donner du temps et de l’espace pour les exprimer.

Comprendre les émotions comme une forme de communication

Les émotions sont d’abord des réflexes de survie, de préservation. La peur, par exemple, est une alerte face à une menace, réelle ou imaginée. La colère, elle, est le résultat d’une frustration face à l’expression d’un besoin non prise en compte. Les émotions jouent donc un rôle très important en termes de communication puisqu’elles disent des choses de nos besoins. Chez le petit enfant, les pleurs ne représentent pas un caprice mais une revendication. Son émotion se manifeste comme une demande de reconnaissance pour protéger son intégrité.

Le bébé exprime ses émotions de façon brute parce qu’il ne sait pas quelle en est l’origine, il s’agit simplement du ressenti d’un état. Il est complètement habité par son émotion : plus que dire qu’il a peur, on pourrait dire qu’il est la peur. Ce n’est que peu à peu qu’il va reconnaître ce qui se passe en lui, grâce aux réponses de l’adulte. « Le bébé seul n’existe pas » disait Winnicott...

Etre un récepteur des émotions du jeune enfant

Le bébé a besoin d’un récepteur, quelqu’un qui va donner un sens à ses émotions. L’adulte lui met à disposition son appareil psychique pour l’aider à les comprendre. L’accompagnement est un travail de pensée pour relier les émotions à leurs causes, par exemple, quand on explique à un enfant pourquoi il a sursauté en voyant ou en touchant quelque chose.

Les émotions sont aussi une façon de maintenir la proximité avec un adulte sur lequel l’enfant sait qu’il peut compter : elles participent ainsi à construire les liens de l’attachement. Le bébé ressent une tension que l’adulte aide à apaiser, en l’aidant à organiser son monde interne. Le tout-petit apprendra alors à communiquer de façon différenciée. D’un ressenti émotionnel, il passe à une expression.

Montrer à l’enfant qu’on l’écoute

Les émotions du jeune enfant nous disent donc toujours quelque chose de lui et c’est à l’adulte de les décoder, en restant attentif, disponible, réceptif – le principe même de l’empathie. Pourquoi est-il aussi dispersé ? Souvent, c’est parce qu’il a un sentiment d’insécurité. Pourquoi tape-t-il ? C’est généralement un moyen de défense, de protection, quand l’enfant se sent attaqué. Cela révèle souvent un sentiment d’impuissance : il ne se sent pas reconnu dans ce qui le définit. Et l’impuissance est le contraire de la compétence qui correspond à la prise en compte d’une situation et l’ajustement de son attitude par rapport à elle. Par exemple, si l’enfant se crispe quand on lui passe un gant sur la peau, rêche ou trop froid, ou bien qu’il détourne la tête quand on lui tend la cuillère pour le faire manger parce qu’il n’a plus faim, en fait il se défend. L’adulte, parce qu’il a des compétences, peut prendre en compte cette réaction et modifier sa manière de faire, ainsi l’enfant se sentira écouté. La prise en compte des émotions par l’adulte participe donc à la construction de l’estime de soi chez l’enfant.

Adopter une réaction adaptée

Les émotions de l’enfant ne sont pas à banaliser. Par exemple, si l’enfant tombe, on évite de dire « ce n’est pas grave, ne pleure pas ». Au contraire, il faut le laisser s’exprimer. Il peut seulement recommencer à penser calmement quand son émotion est partagée.

Il est important de différencier émotions et comportements. Toutes les émotions doivent être acceptées. Si on les réprime, l’enfant se révolte et peut devenir « difficile », inquiet, agité. Il n’a plus confiance en l’adulte et se retrouve seul avec des émotions dont il ne sait que faire. Ce sont les comportements que l’on peut refuser. On ne dit pas qu’un enfant est méchant, mais que son geste n’est pas acceptable. Ainsi plutôt que dire à l’enfant « tu lui fais mal » - ce qui insinue qu’il aurait prêté une intention dans son geste -, on lui dira « ça fait mal ». Sa personne ne doit jamais être mise en cause.

L’adulte peut d’abord reconnaître l’émotion de l’enfant : avant de lui dire pourquoi il ne peut pas prendre le jouet d’un autre, il peut lui dire « tu as envie de ce jouet ». Au lieu de lui dire seulement qu’il sera servi à son tour comme les autres, il peut lui dire « je vois que tu es impatient de manger ». Il se sentira ainsi écouté et pas directement empêché dans son action. L’adulte peut aussi aider l’enfant à trouver d’autres solutions. Il ne peut pas prendre le jouet d’un camarade, mais il peut essayer de trouver un autre jouet semblable ou qui lui plaît. L’adulte a un rôle de médiateur, il fait un travail de différenciation entre l’enfant et les autres.

Se comporter en allié

Cet engagement émotionnel de l’adulte n’est pas simple car les émotions des tout-petits sont intenses voire envahissantes. Elles viennent aussi parfois rencontrer nos propres émotions ou expériences. On peut être agacé parce qu’on reconnait chez l’un des enfants un petit qui nous a embêté dans l’enfance, ou bien parce qu’on se sent coupable, pas à la hauteur. C’est souvent ce qui nous pousse à distraire l’enfant de ses émotions, à les ignorer : on cherche à s’en protéger. Mais l’enfant a besoin de l’adulte sinon il se sent abandonné. Ce n’est pas pour punir un enfant qu’on lui demande se s’assoir au calme dans un coin, mais bien pour qu’il s’apaise. L’adulte n’est pas un juge de l’enfant, mais un allié résolument de son côté.

Peu à peu l’enfant trouve d’autres moyens pour s’exprimer, il se sert de plus en plus des modes symboliques : il utilise le jeu puis la parole, son comportement change. Le rôle de l’adulte ici est de lui laisser de la place et du temps, de l’engager à parler plutôt qu’à agir. On peut même concevoir de le laisser faire des jeux violents (qui ne portent pas atteinte aux autres enfants ni à lui-même bien sûr), comme fabriquer des épées ou malmener la poupée. Lui lire des contes ou des histoires est une autre façon de lui parler de ses émotions et qu’il se sente autorisé à les exprimer.

Les adultes non plus ne doivent pas se sentir seuls. Ils doivent pouvoir compter sur une équipe : partager pour ne pas être démunis, penser ensemble, être accueillis sans jugement… comme le tout-petit.

Comment traiter et appréhender la dysphasie ?

Publié le 6 juillet 2017 à 0:45 Comments commentaires (54270)

Trouble sévère, spécifique et primitif du développement du langage oral. C’est un trouble structurel, c’est à dire que le langage s’établit avec du retard mais aussi de façon déviante (il ne suit pas l’évolution classique d’acquisition du langage d’un jeune enfant). Enfin c’est un trouble durable qui perdure bien après 6 ans et laisse souvent des séquelles (répercussions au niveau du langage écrit).

Comme pour les autres dys, le diagnostic se fait par exclusion. Différentes pathologies doivent être éliminées :

un déficit auditif

une malformation des organes phonatoires

une déficience intellectuelle

un trouble envahissant du développement

une carence éducative ou affective importante

Avant 5/6 ans, il est difficile de distinguer une dysphasie d’un retard de langage.

Dans le cas du retard de langage, le langage se développe lentement mais normalement. Un suivi orthophonique permet la plupart du temps de rapides progrès. C’est un trouble fonctionnel.

En cas de dysphasie nous sommes face à un trouble durable et PRIMAIRE. Ce sont les structures cérébrales mises en jeu lors du traitement de l’information langagière qui sont atteintes. Cela entraîne des difficultés d’expression et de compréhension du langage oral. Les enfants atteints peuvent ne pas comprendre ce qui leur est dit mais aussi avoir du mal à formuler ce qu’ils veulent dire (même s’ils disposent du vocabulaire appropriés).

Il est possible de distinguer plusieurs troubles spécifiques de la dysphasie :

-trouble de l’évocation lexicale: L’enfant cherche ses mots, manifeste une lenteur d’évocation. Il y a un temps de latence avant qu’il parle, un décalage.

-trouble de l’encodage syntaxique: Ce sont les phrases qui sont difficiles à formuler. La syntaxe est désorganisée, il manque des pronoms, des articles, des mots de liaison.

-trouble de la compréhension: le contenu du langage en réception est difficilement analysé.

-trouble de l’informativité: L’enfant va préférer utiliser d’autres moyens que le langage oral déficient pour se faire comprendre : il mime, adopte une gestuelle personnelle par ex.

-Dissociation automatico-volontaire: C’est une difficulté phonologique et praxique (sphère bucco-faciale). l’élève ne parvient pas à répéter les sons ou les mots par ex.

Concrètement quelles difficultés peuvent être repérées ?

Le diagnostic de dysphasie est assez long. Il nécessite la consultation et l’avis de plusieurs spécialistes : orthophoniste, médecin, psychologue, neuropsychologue ou neuropédiatre.

Les enfants dysphasiques sont souvent excellents dans toutes les activités où le langage n’est pas en jeu comme la géométrie.

Difficultés linguistiques :

pour parler, formuler des phrases

emploi de l’infinitif (pas d’inflexions verbales ni adjectivales)

échanges laborieux, peu fluides (manque de mots, latences…;)

pour manier les pronoms

pour employer les connecteurs (donc, alors, puis…;)

pour mettre en ordre les mots

pour respecter les règles de communication

pour nommer les mots nombres, les transcoder

pour comprendre les énoncés, les consignes

Difficultés phonologiques :

pour discriminer les sons proches

pour encoder

dysorthographie

pour contrôler ses productions

Difficultés cognitives :

pour se repérer dans le temps

pour comprendre ce qui n’est concret (les métaphores etc..)

pour mémoriser les éléments entendus à court terme

pour planifier, anticiper, maintenir ses objectifs

pour stabiliser ses acquis

Comment les aider à apprendre et créer des conditions d’accès aux apprentissages en adéquation avec leurs potentialités ?

Une fois les difficultés clairement identifiées et diagnostiquées par un spécialiste voici quelques pistes d’aménagement possible pour aider l’élève à compenser et à mieux accepter ses troubles.

D’une manière générale, ces enfants ont des difficultés de mémorisation auditive donc :

Eviter de lui proposer d’apprendre des poésies ou de répéter des leçons. Ils retiendront mieux : les dessins, les schémas simples (cartes heuristiques personnelles..).

Ne pas les faire répéter mais les aider à préciser leurs pensées (en reformulant à leur place, en leur donnant le vocabulaire qui leur manque). On peut aussi pratiquer l’ébauche orale : lui fournir la première syllabe du mot qui lui manque.

Contrôler le bruit ambiant

S’assurer du contact visuel et physique : poser une main sur son épaule en soutenant son regard…

Préférer les phrases courtes et simples.

Parler lentement en exagérant légèrement l’articulation.

Ne donner qu’une consigne à la fois.

Utiliser les pictogrammes plutôt que les mots pour les consignes.

Proposer prioritairement des QCM.

Apprendre à l’élève à respecter son tour de parole (bâton de parole par ex) tout en restant bienveillant car il leur faut parfois de longues minutes pour élaborer mentalement une réponse et ils peuvent être débordés par leurs émotions et vouloir intervenir dès qu’elle est prête.

Informer (avec accord de l’élève et de ses parents) les autres élèves des difficultés de l’enfant dysphasique pour éviter l’isolement.

Aménagements spécifique liés à l’apprentissage de la lecture /écriture:

Se servir des gestes Borel-Maisonny, de la méthode raconte-moi les sons

Favoriser l’apprentissage haptique des lettres (toucher)

Ne pas retarder l’entrée Au CP : l’écrit permet d’enrichir le langage oral et de fixer le vocabulaire. L’enfant comprend mieux la représentation graphique de la structure phonémique de la parole et peut s’y appuyer pour structurer son langage oral.

Entrainer à la conscience phonologique quotidiennement

Développer le champ sémantique : proposer des exercices de catégorisation, d’expansion.



Les échecs et les erreurs : une occasion d'apprentissage

Publié le 6 juillet 2017 à 0:40 Comments commentaires (10200)

L’école est avant tout un lieu d’apprentissage, alors votre enfant y vivra certainement des réussites, mais aussi des erreurs et des échecs. Comment pouvez-vous l’aider à en tirer prof

Dans sa vie scolaire, tout l’univers de votre enfant tourne autour d’une certaine forme de performance. Il est valorisé par ses enseignants, et par vous, ses parents, par le fait qu’il réussit bien. Cela peut lui occasionner une peur de l’erreur et de l’échec. Comment l’aider à mieux surmonter ses craintes et en faire une occasion d’apprentissage?

L’école, c’est fait pour apprendre!

Quand un enfant commence l’école, on lui dit souvent à quel point il y apprendra beaucoup de choses : lire, écrire, compter et réfléchir. Et c’est très bien, car les enfants sont curieux de nature et aiment apprendre! Toutefois, avec la notion d’apprentissage à l’école, vient également la notion d’évaluation. Ses enseignants évalueront ses apprentissages, puis il recevra des notes pour ses dictées, travaux et exposés. C’est souvent à la suite d’une évaluation plus négative que votre enfant pourrait développer une peur de l’erreur ou de l’échec.

Comprendre cette peur pour mieux réagir

Sur le plan de son développement, l’enfant de 6 à 12 ans éprouve un vif désir de se sentir confiant, capable et compétent. De par sa plus grande conscience des autres, il est également à un âge où il se compare davantage à ses pairs. Il s’apercevra que d’autres enfants sont meilleurs que lui dans certains domaines. Par exemple, il pourra vous verbaliser qu’un ami est meilleur que lui en mathématiques ou qu’un autre est beaucoup plus à l’aise que lui dans les présentations orales, et cela lui demande de faire face à ses propres défis.

Votre enfant aime vivre des réussites, d’abord pour le sentiment de fierté que cela lui procure, mais aussi parce qu’il accorde une grande importance au regard que vous, ses parents, portez sur lui. S’il réussit bien, il sait que ses parents seront fiers de lui. Il pourrait donc ressentir une crainte de ne pas être à la hauteur de vos attentes et, par conséquent, développer des comportements de peur et même d’anxiété : la peur de décevoir ses parents et lui-même; la peur de faire des erreurs ou de vivre un échec devant ses pairs. Or, votre enfant a besoin de comprendre que les erreurs et les échecs sont nécessaires. Ils l’aident à mieux prendre conscience de ses forces et de ses difficultés et lui permettent de faire appel à ses propres ressources pour s’adapter à différentes situations.

Quelques pistes pour l’aider

Prenez un moment au retour de l’école pour discuter avec votre enfant de sa journée. De quoi est-il fier? Qu’est-ce qui a été plus difficile? De cette façon, il apprendra au quotidien à mieux prendre conscience des situations qui présentent des défis pour lui, mais également de ses forces et compétences!

Lorsqu’il exprime une déception face à une erreur ou un échec, guidez-le afin qu’il verbalise les émotions que cela lui fait vivre. Demandez-lui ensuite en quoi cette erreur ou cet échec lui a permis d’apprendre. Est-ce qu’il était bien préparé? Est-ce que l’objectif qu’il s’était fixé était réaliste? Qu’a-t-il appris de cette situation afin de ne pas reproduire les mêmes erreurs?

Soulignez que vous êtes fier de ses efforts, que le résultat est important, mais que l’effort, la persévérance et le plaisir d’apprendre le sont tout autant. Vous pourriez par exemple lui demander de nommer un ou deux éléments positifs liés au travail qu’il a fait, et dont il est fier, malgré que le résultat n’ait pas été celui qu’il souhaitait.

Partagez avec lui vos propres erreurs ou échecs. Cela l’aidera à comprendre que même son parent, qu’il admire et à qui il veut plaire, peut lui aussi faire face à des défis dans son quotidien au travail. Expliquez-lui comment vous avez réagi, comment vous avez trouvé des solutions afin d’en tirer un apprentissage constructif pour l’avenir.

Enfin, il est possible que votre enfant semble avoir d’importantes difficultés à gérer les émotions que les échecs ou les erreurs lui font vivre. Dans ce cas, il serait souhaitable que vous discutiez avec son enseignant de stratégies à mettre en place afin qu’il puisse se sentir davantage en confiance dans les situations d’apprentissage scolaire qu’il expérimente.

À retenir

La peur de l’erreur et de l’échec survient souvent à la suite d’une mauvaise évaluation.

Dès 6 ans, l’enfant commence à comparer sa performance à celle des autres et peut développer la peur de décevoir ses parents.

Pour aider l’enfant à mieux vivre avec ses erreurs et échecs, on peut discuter avec lui de sa journée et le faire verbaliser ses émotions.

Souligner la fierté que l’on éprouve envers son enfant et lui raconter ses propres échecs sont d’autres stratégies pour l’aider.

Autisme : détecter les premiers signes chez le tout-petit

Publié le 4 mai 2017 à 14:35 Comments commentaires (860)

Plus tôt les premiers signes d’autisme sont détectés chez un enfant, plus tôt une prise en charge peut lui être proposée et compenser ainsi une partie de son handicap. En tant que professionnel de la petite enfance, vous êtes l’une des personnes « ressources » les mieux placées pour dépister les signes d’autisme et alerter l’équipe pluridisciplinaire du lieu d’accueil.


depistage -autisme

Mathis est sur le point de fêter son deuxième anniversaire. Depuis son adaptation, il y a six mois, le comportement de ce petit garçon vous interpelle. Vous éprouvez des difficultés à capter son regard et à comprendre les sons qu’il émet. Lorsque vous l’appelez par son prénom, il ne réagit pas toujours. Il demeure souvent en marge de la dynamique du groupe d’enfants, se livrant à une seule et même activité solitaire : aligner ou empiler les jouets de la section, les voitures, les assiettes ou les animaux. Quand vous lui montrez du doigt la porte qui est derrière lui, il fixe du regard votre doigt et non la porte désignée. De quoi souffre Mathis ? Comment expliquer un tel décalage avec les autres enfants de sa tranche d’âge ? Et s’il s’agissait d’un Trouble du Spectre Autistique (TSA) ?


Plus tôt on dépiste, plus tôt on intervient

Compte tenu de l’augmentation constante du nombre d’enfants touchés par un Trouble du Spectre Autistique (voir encadré;) l’autisme a été érigé au rang de Grande Cause nationale 2012 par le Premier ministre. De nombreux challenges unissent les associations de familles, les collectifs d’experts et les laboratoires de recherche : perfectionner la prise en charge de ces enfants, favoriser leur intégration dans notre société, identifier la cause de l’émergence de ce trouble et, enfin… permettre un dépistage précoce. Pour relever ce dernier défi, largement prôné par le 3ème Plan autisme (2013-2017), nous avons besoin de vous, les professionnels de la petite enfance.

Le cerveau des jeunes enfants est doté d’une précieuse fonctionnalité que l’on appelle la « plasticité cérébrale ». Cela signifie que leur petit cerveau est en capacité de se modifier, de se moduler, de se transformer en fonction de son environnement. Si une prise en charge survient tôt dans le développement d’un enfant présentant un TSA, de nombreuses stimulations positives lui seront apportées et viendront alors booster ses points faibles et améliorer ses capacités de communication et de socialisation. Si cette prise en charge ne permettra pas d’évincer tout symptôme autistique de la vie de l’enfant, elle augmentera significativement ses chances de développer des apprentissages et de peaufiner sa communication. L’enjeu est donc de taille.


Difficulté à capter son regard, dès les premiers mois

Les premiers symptômes peuvent apparaître très tôt dans le développement de l’enfant. Une équipe de chercheurs d’Atlanta, aux Etats-Unis, a souligné que le contact visuel de ces bébés tendait à s’altérer dès deux mois. Habituellement, les bébés viennent au monde avec différentes prédispositions à la communication, dont le contact visuel. Ceux-ci observent davantage les yeux de leur interlocuteur plutôt que le reste du visage, et davantage le visage plutôt que le reste du corps. Or, dans cette expérience, les chercheurs ont constaté que les bébés autistes regardaient de moins en moins les yeux de leur interlocuteur, mais aussi souriaient et vocalisaient moins que les enfants tout-venants. Ceci dit, à cet âge, les chercheurs recourent à des outils informatiques spécifiques pour identifier les premiers symptômes. Il est donc tout à fait logique que ces tout premiers signes d’alerte échappent à la vigilance des professionnels et des parents.


Un enfant moins tourné vers les autres, un jeu plus pauvre

A mesure que l’enfant se développe, l’écart entre son comportement et celui des autres enfants de son âge tend à se creuser. Les signes sont donc de plus en plus identifiables :

• Il recherche moins le regard et le contact des personnes,

• Il ne réagit pas toujours à l’appel de son prénom (d’où l’importance - capitale - de vérifier sa bonne audition au préalable)

• Il sollicite peu l’adulte pour partager son intérêt (pour un jouet, par exemple)

• Son jeu est souvent restreint et stéréotypé : l’enfant peut par exemple se focaliser sur une partie du jouet, les cheveux de la poupée, les roues du camion ou encore les dents du crocodile

• Son jeu est davantage sensori-moteur plutôt que fonctionnel : il va agiter les cheveux de la poupée devant la lumière plutôt que les coiffer ou encore lancer en l’air le camion et prendre plaisir à écouter le son de sa chute plutôt que le faire rouler au sol

• Son jeu peut consister à empiler ou à aligner des jouets


Dépistage ne veut pas dire diagnostic !

Tout au long de cette démarche, il est primordial de conserver une certaine prudence dans l’identification et le décryptage de ces signes.

• N’oublions pas que chaque enfant a une trajectoire de développement qui lui est propre. Certaines trajectoires sont linéaires et harmonieuses, d’autres non. Pour autant, une trajectoire de développement atypique n’est pas nécessairement pathologique.

• Tous les enfants qui sont touchés par un réel Trouble du Spectre Autistique ne présentent pas l’ensemble de ces signes. Il s’agit donc d’appréhender chaque développement au cas par cas, ce qui est le rôle du psychologue et du médecin de la structure.

• Attention, dépister (= détecter, déceler, identifier les signes d’une éventuelle pathologie) ne signifie pas diagnostiquer (= démarche médicale qui consiste à poser un terme fixe sur un ensemble de symptômes). Si le dépistage peut survenir tôt dans la vie de l’enfant, le diagnostic sera posé plus tard, vers ses trois ans, à la suite de bilans effectués par une équipe pluridisciplinaire. Votre rôle consiste donc à poser la toute première pierre à l’édifice.

• Il est fréquent que le médecin traitant de l’enfant se veuille rassurant quant au développement de son jeune patient et soutienne un point de vue tout à fait opposé à celui de l’équipe de la crèche (les raisons sont multiples, notamment le manque de formation de certains médecins au diagnostic de l’autisme et la courte durée des consultations qui ne leur permettent pas d’élaborer une observation fine et suffisante de l’enfant).




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