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Tendre la main aux enfants anxieux

Publié le 16 avril 2017 à 2:35 Comments commentaires (358)

C’est quand les enfants n’arrivent pas à gérer leur anxiété que la situation est problématique ou anormale.

Ces enfants-là sont dotés d’un sens de l’anticipation hors du commun : ils pressentent des situations qui leur apparaissent problématiques et qui leur compliquent l’existence dans la vie et en milieu scolaire. Parents et enseignants les aident à composer avec leur anxiété.

À peu près tout le monde est appelé à vivre avec cette émotion, et cela, pour différentes raisons ; elle présente un caractère plutôt universel : « À la base, cette anxiété est normale et elle va souvent nous amener à nous dépasser. C’est aussi un facteur de protection pour que l’on soit en mesure de bien juger des situations dangereuses ou compromettantes », explique Julie Beaulieu, professeure et directrice du programme en adaptation scolaire à l’Université du Québec à Rimouski, campus Lévis.

Mais il arrive que des dérapages se produisent : « Là où ça devient anormal ou problématique, plutôt que pathologique, c’est quand les élèves éprouvent des difficultés à gérer cette anxiété. Il en découle qu’ils évitent de faire face à des situations jugées critiques, qu’ils ne veulent pas être placés dans certains contextes, qu’ils refusent de participer à des jeux, de socialiser avec d’autres enfants ou d’affronter diverses évaluations, notamment sous forme d’examens au primaire et au secondaire. »

Dans de tels cas, les enfants manifestent différemment une sorte de mal de vivre qui se fonde sur l’anticipation : « Leurs comportements deviennent excessifs et démesurés par rapport aux situations qui leur sont présentées, ce qui est beaucoup lié à l’anxiété. »

Les enfants anxieux vont anticiper les événements : « Qu’est-ce qui va m’arriver si ? Le “et si…” fait partie de leur vocabulaire : “Et s’il m’arrivait telle chose ou s’il se passait telle chose ?” C’est à ce moment-là qu’il faut les ramener dans l’aspect concret d’une situation où tout se passe bien. »

Sur la piste de l’anxiété

Il arrive aussi que des complications se présentent, comme l’explique Mme Beaulieu, docteure en psychopédagogie : « On entre dans “le plus anormal” lorsque ces comportements deviennent fréquents, qu’ils perdurent, lorsque cette forme d’émotions envahit leur quotidien, les empêche de jouir de la vie, de jouer avec les autres de façon normale, et lorsque leur quotidien est constamment perturbé. » Il apparaît alors que le développement de ces enfants anxieux est compromis sur les plans social et scolaire et qu’ils traversent une phase de profonde détresse.

Est-il possible d’intervenir avant d’en arriver à ce stade ? « Dans certains cas, il y a au départ beaucoup de manifestations d’ordre physiologiques qui sont ressenties par l’enfant lui-même : palpitations, rougeurs, tremblement, bégaiement, pleurs et crises de colère. » Les jeunes enfants manifestent souvent leur détresse sous la forme de maux de cœur ou de ventre.

La professeure énumère bon nombre d’autres signaux utiles pour évaluer correctement ce qui ne tourne pas rond : « Les enfants peuvent par exemple éprouver des difficultés à effectuer des raisonnements ou à demeurer attentifs parce que leurs pensées sont accaparées par tout ce qu’ils anticipent, et cela, même à long terme. » Elle fournit ce conseil aux parents et aux enseignants désireux de détecter un trouble d’anxiété : « Faites parler l’enfant pour savoir par rapport à quoi il est anxieux ; il arrive que la cause relève d’un problème très bénin, qui peut être réglé aisément. »

Il existe des aspects plus difficilement palpables de ce problème, mais il est plus aisé de le mettre au jour en se tournant vers les conséquences qu’il peut provoquer sur la réussite ou le vécu scolaires en général : « Il faut se poser des questions à ce sujet ; les échecs ne se situent peut-être pas seulement sur le plan scolaire, mais peuvent aussi être causés par d’autres facteurs, dont l’anxiété fait partie. »

Il est possible pour les parents et les enseignants d’apporter du soutien aux enfants anxieux : « C’est un travail qui s’inscrit dans une perspective davantage à moyen et à long terme, et les deux doivent intervenir en collaboration pour comprendre l’anxiété. Il leur appartient de questionner l’enfant pour savoir d’où elle émane réellement. »

Dans leur questionnement, l’un et l’autre ont intérêt à « adopter une attitude calme, réconfortante et rassurante. De son côté, il faudra que l’enfant traverse ses épreuves avec l’aide de ces personnes-là et, pour y arriver, on parle d’un pas à la fois, donc, de la méthode des petits pas ».

Pour sa part, l’enseignant dont la classe fonctionne dans un encadrement avec des règlements apportera un meilleur soutien à l’enfant anxieux : « Il est sécurisé par le fait de savoir comment les choses vont se passer. » Et chaque fois qu’il franchit un petit pas, elle recommande fortement aux gens autour de lui « de lui apporter du renforcement et du réconfort tout en le ramenant surtout dans la réalité des choses ».

Elle donne un exemple à ce sujet : « Il faut calmer les “et si…” chez lui, en tenant ce genre de discours : si tu obtenais 0 % et si tu échouais, que se passerait-il ? Tu es capable de te reprendre, on va travailler ensemble et on va y arriver. »

Un désarroi tridimensionnel

Julie Beaulieu décortique la problématique en laissant voir qu’il existe trois composantes de l’anxiété et qu’il importe d’agir sur les trois aspects de ce triangle. Elle se penche sur la pensée qui est le premier : « On évite les “et si...” pour être dans le moment présent où il ne se passe rien et tout est sous contrôle dans l’environnement. On tente d’enlever les anticipations qui sont erronées. »

Elle tient ces propos au sujet du deuxième, celui des comportements : « Sur ce plan, on utilise la méthode des petits pas en franchissant les différentes étapes pour progresser. » Quant au troisième aspect, celui des sentiments, « on doit considérer qu’il est normal de ressentir de l’anxiété, mais qu’il importe de tenter de la gérer ». La recette pour y arriver est d’en déterminer clairement les causes.

Cette anxiété chez l’enfant a-t-elle tendance à se dissiper et à disparaître à un âge plus avancé, à l’adolescence par exemple ? « Pas nécessairement, et tout dépend des enfants et de la façon dont le problème a été traité. Plus le processus d’identification est complexe, plus on prend de temps pour intervenir, plus il en découle qu’il faudra utiliser divers moyens d’intervention durant plusieurs années avant qu’on arrive à gérer cette anxiété-là. » Et d’autres vivront toute leur vie avec elle.

Hauts Potentiels: Lorsque le génie se cache derrière l'échec scolaire

Publié le 28 mars 2017 à 14:50 Comments commentaires (1669)

Hauts Potentiels : Lorsque le génie se cache derrière l’échec scolaire


Diagnostique 250'000, c’est le nombre d’enfants à haut potentiel en Suisse, soit environ un élève par classe. A l’école ou en famille, ils demandent une attention toute particulière. Il faut savoir composer avec leur hypersensibilité, avec leur « moulin » en constante activité.

reconnaître et comprendre

Comment définir le génie?

Selon le Larousse, le génie désigne «l’aptitude naturelle de l’esprit de quelqu’un qui le rend capable de concevoir, de créer des choses, des concepts d’une qualité exceptionnelle». A la lecture de ces lignes, on pense instantanément à Albert Einstein.

Saviez-vous que l’auteur de la célèbre formule E=mc², handicapé par sa dyslexie, fut renvoyé du Luitpold Gymnasium de Munich à l’âge de 15 ans? Que son enfance fut caractérisée par une scolarité ardue?

Qu’est-ce qu’un enfant à haut potentiel?

C’est un enfant dont le développement intellectuel est avancé par rapport à son âge. Son intelligence est quantitativement supérieure à la norme et qualitativement différente de ses pairs.

On parle ici d’un quotient intellectuel (QI), effectué par des tests standardisés tels que le WISC-IV (Wechsler Intelligence Scale for Children), supérieur à 130 (soit 2,3% de la population mondiale).

Surdoués, zèbres, HP, précoces, ces êtres sont performants, efficients; on les rêve parfaits. L’activité cérébrale est très soutenue. Une idée s’associe à une autre et se bouscule jusqu’à perdre le fil rouge. Ce mode de pensée en arborescence se différencie de la pensée linéaire.

Quelles sont les spécificités des enfants HP?

Selon les observations, on dissocie deux types de caractéristiques: cognitives et comportementales. Dans un premier temps, les enfants à haut potentiel sont curieux, attentifs et vifs. Ils possèdent un vocabulaire enrichi, un traitement rapide de l’information, une vision inhabituelle par rapport à la «norme».

Leur capacité de mémorisation est hors pair, leur besoin de compréhension les obsède. D’autre part, l’émotionnel prend une place tout aussi importante que l’intellect. Empathiques, sensibles, intuitifs, perfectionnistes, motivés, autonomes, drôles, analytiques, extralucides, créatifs, cette sensibilité émotionnelle bien présente les rend vulnérables.

Pourquoi ces êtres hors normes éprouvent-ils des doutes?

Le terme haut potentiel peut laisser sous-entendre que ces enfants possèdent quelque chose «en plus», comparés aux autres enfants. Plus concrètement, cela porte à croire qu’ils ont toutes les chances de réussir dans leur vie.

Sachant que les hauts potentiels sont perfectionnistes et exigeants envers eux-mêmes, on peut se poser les questions suivantes: Comment atteindre un objectif, en intégrant la notion du parfait, alors que la perfection même n’existe pas?

Et si la réussite escomptée n’est pas au rendez-vous, a-t-on l’impression de gâcher ce potentiel? Comment les hauts potentiels sont-ils perçus par les autres enfants? Autant de réflexions, de contradictions qui nourrissent la culpabilité des HP, leurs états de stress, leurs démons.

Quels types de difficultés sont régulièrement rencontrés?

C’est pendant la scolarité que les problèmes se font sentir. Le premier diagnostic est souvent posé à cette étape de la vie. Prenons l’exemple de Sacha, 10 ans aujourd’hui. Enfant joyeux, curieux, émouvant et toujours actif, Sacha et sa famille ont fait face à un début de dépression lorsqu’il était âgé de 4 ans seulement. Pendant les week-ends, Sacha se conduisait comme un enfant épanoui et heureux.

Toujours partant pour les activités, plein d’humour et éveillé. Arrive alors le lundi matin. Sacha se sent moins en forme. Il communique peu. Se renferme. Ses parents le retrouvent le vendredi et comme chaque fin de semaine, Sacha est littéralement éteint. Cette situation dure depuis trop longtemps. Malgré une sollicitation auprès de l’école, le mal-être de Sacha n’est pas détecté.

En revanche, son comportement se fait remarquer. Il s’ennuie, manque de concentration, ne partage pas la même notion de justice que son maître d’école. Il devient muet, parfois très agressif; il se sent seul, incompris. Après des mois et diverses demandes d’aides extérieures, le diagnostic est posé. Sacha, dont le QI est nettement supérieur à 130, fait partie de ces 2,3% de la population. Sacha est un enfant à haut potentiel. Il est dorénavant pris en charge dans une structure adaptée à son mode de fonctionnement.

Quels risques pour les HP?

Le cas de Sacha a pu être détecté précocement. Par manque de sensibilisation ou par sous-estime de soi, certains jeunes adolescents non dépistés se confrontent à une société qui les rejette. Résultats catastrophiques, comportements borderline, incompréhension des proches, manque de soutien, il existe trop souvent des cas d’exclusion.

Les jeunes adolescents se retrouvent au pied du mur, ils sont rejetés. Couper leur cerveau avec la drogue, l’alcool, les sports extrême ou une vie dangereuse est souvent synonyme d’échappatoire.

Comment prévenir?

La formule magique n’existe pas. Un accompagnement personnalisé et cadré ainsi qu’une éducation appliquée entre les murs de l’école ou de la maison sont plus que primordiaux. Imposer un cadre et des limites, se montrer moins sévère, plus tolérant, compréhensif, ouvert d’esprit, sont les clés pour permettre à son enfant d’exprimer sa différence et de l’accepter.

Devoirs et TDA(H)

Publié le 26 février 2017 à 16:15 Comments commentaires (2241)

 

 

 

Les enfants présentant un trouble déficitaire de l’attention peuvent rencontrer de nombreux défis quand vient le moment fatidique des devoirs, de par leurs difficultés d’autorégulation et de fonctions exécutives.

 

Les enfants présentant un trouble déficitaire de l’attention peuvent rencontrer de nombreux défis quand vient le moment fatidique des devoirs, de par leurs difficultés d’autorégulation et de fonctions exécutives. Souvent longs et laborieux, les devoirs peuvent rapidement devenir épuisants, tant pour ces enfants que pour leurs parents.

 

Heureusement, nous vous proposons différentes petites astuces simples à essayer. Rappelez-vous que chaque enfant est différent et que ce qui fonctionne pour certains peut ne pas fonctionner avec d’autres!

Les devoirs sont difficiles pour plusieurs raisons:

Heure de la journée

 

Le rythme scolaire soutenu demande beaucoup d’énergie à votre enfant. Quand arrive la fin de la journée, la fatigue s’installe et la concentration de votre enfant n’est plus à son haut potentiel.

Médication

 

En général, les enfants souffrant de TDA(H) prennent leur médication le matin avant d’aller à l’école. En fin de journée, le médicament ne fait plus effet. Il est alors plus difficile pour l’enfant de se concentrer de nouveau pour la période des devoirs.

Organisation et planification

 

Le TDA(H) s’accompagne fréquemment de difficultés d’organisation et de planification. L’enfant peut peiner à initier une tâche, à organiser son matériel et à structurer correctement son travail.

Voici des exemples de stratégies à essayer et à adapter en fonction des besoins votre enfant et de sa personnalité:

Établir une routine

 

Si la mise en place d’une routine stable est importante pour tous les enfants, elle est essentielle pour les enfants TDA(H) afin de les aider à se structurer, et pour automatiser des routines.

Choisir le bon moment

 

Essayez de trouver le meilleur moment pour que votre enfant se mette au travail. Pour certains, ce sera dès le retour de l’école, alors que d’autres auront plutôt besoin d’un moment de détente ou de jeu. La fin de semaine, optez pour le moment où votre enfant semble le plus attentif, probablement le matin ou après le repas.

Offrir un cadre propice aux devoirs

 

Nous sommes habitués de gérer plusieurs choses à la fois. Toutefois, préparer le repas, répondre au téléphone et s’occuper des devoirs en même temps, pour aller plus vite, pourrait affecter l’efficacité de votre enfant et augmenter considérablement la durée des devoirs.Que faire ? Installez votre enfant dans une pièce calme avec le moins de distraction possible. Il est également important qu’il soit assis devant un bureau pour avoir une bonne position. Il peut être bon de donner des écouteurs avec de la musique douce à votre enfant afin de réduire les bruits environnants. Les recherches sur la musique de fond et le TDA(H) sont encore en cours, mais il se pourrait que la musique soit un bon allier à la concentration !

Laissez-les bouger (!!)

 

Si tous les enfants ont besoin de bouger, c’est encore plus vrai pour les enfants TDA(H)! Aussi surprenant que cela puisse paraître, bouger peut les aider à mieux se concentrer! Lorsque le devoir sur lequel il travaille ne nécessite pas qu’il soit assis devant son bureau, comme lors de l’apprentissage des tables de multiplication par exemple, laissez votre enfant debout pour qu’il puisse marcher ou sauter.Vous pouvez même utiliser le carrelage lors de l’apprentissage des additions et soustractions simples en faisant avancer et reculer votre enfant de plusieurs cases! Lorsqu’il faut être assis, proposez-lui des boules antistress, des balles molles, des coussins instables, ou encore, des élastiques à attacher aux pieds de la chaise.

Organiser 2.0 – Créativité, stratégies visuelles, gestion du temps, diviser la tâche et planification

 

Une heure de travail est peu pour un adulte, mais cela peut sembler être un obstacle insurmontable pour un jeune enfant. Optez pour des stratégies visuelles ! Prenez un chronomètre ou une vieille horloge et adaptez-le à l’aide de couleurs pour avoir un cadran beaucoup plus visuel. Définissez des périodes de travail courtes entrecoupées de petites pauses. Par exemple, 15 minutes de travail, 3 minutes de pause avec un petit jeu.

Aidez votre enfant à structurer son travail en choisissant les priorités et en définissant un ordre des tâches. Allez-y pas à pas en divisant l’exercice en plusieurs sous-tâches. Malgré leurs difficultés d’organisation, ces enfants ont souvent un bon raisonnement logique. Misez sur les forces de votre enfant pour optimiser son travail !

Aidez-le à planifier correctement ce qu’il a à faire, à structurer la tâche en utilisant des couleurs.

 

Attention à l’attention !

 

Attirez son attention avant de lui parler pour s’assurer qu’il vous écoute.

Incitez-le à verbaliser les consignes, à reformuler avec ses propres mots les buts à atteindre et les étapes nécessaires. Insistez sur les mots-clés.

Réduisez le nombre de consignes présentées en même temps.

Évitez les situations où l’enfant serait en double tâche.

Laissez uniquement le matériel nécessaire sur la table pour éviter les distractions.

Laissez à sa disposition des coquilles pour qu’il ne soit pas distrait par le bruit.

 

Renforcement positif

 

N’hésitez pas à le féliciter pour ses efforts plutôt que pour ses résultats!

Soyez clair, ferme, et flexible

 

Définissez clairement vos attentes et les objectifs à atteindre, mais adaptez-vous également à ses capacités.

 

Surtout, n’oubliez pas de croire en vous: vous êtes le meilleur guide pour votre enfant!

Par Delphine Fargues

 

LES "DYS".....

Publié le 14 février 2017 à 14:40 Comments commentaires (1299)

 

 

 

Par DYS on entend : tout enfant qui souffre d’un trouble des apprentissages lié à l’oral, l’écrit, la motricité fine ou encore la structuration cognitive. On entend donc parler de plus en plus souvent de dyslexie, dyscalculie, dyspraxie, dysphasie ou dysorthographie.

 

Donc pour aider au mieux certains d’entre nous qui seraient perdus dans ce jargon plus connu des maîtres E ou psychologues scolaires, je vais vous présenter chacune des DYS et vous donner quelques moyens de les détecter (même si vous ne pouvez pas poser de diagnostic vous-même). Vous trouverez aussi quelques pistes d’aménagement à proposer en classe. En fin de chronique, comme toujours, je vous proposerai quelques sites très bien faits proposant foule d’outils, tous mieux pensés et réalisés les uns que les autres.

 

C’est quoi tous ces DYS machins ?

 

La dyslexie :

 

La dyslexie est une difficulté d’apprentissage de l’orthographe et de la lecture. Ce trouble concerne entre 8 et 10 % des enfants et en grande majorité des garçons (trois fois plus que les filles).

 

La dyslexie n’a pas d’origine psychiatrique et n’a pas pour origine une déficience intellectuelle. Elle pourrait être d’origine génétique ou être due à une pathologie affectant le développement cérébral au cours de la grossesse mais des recherches sont encore en cours.

 Les difficultés d’un dyslexique :

 

a du mal à épeler les mots nouveaux ou inconnus,

a du mal à lire des mots nouveaux ou inconnus (les remplace par des mots qu’il connait),

le langage oral est peu structuré,

peut changer l’orthographe d’un mot utilisé plusieurs fois dans une production de texte (l’orthographe lexicale n’est pas figée),

lit avec difficultés car s’aide surtout des mots qu’il a photographiés (en global).

 

Attention il existe plusieurs formes de dyslexie je vous renvoie à cet excellent article du site orthophonie

 

 

La dyscalculie

 

La dyscalculie est un trouble du langage écrit en rapport avec les chiffres et le calcul.

 

L’élève a des difficultés à :

à évaluer de petite quantités,

à dénombrer (sans avoir à énumérer),

à écrire les chiffres (va écrire 202 au lieu de 22 ou encore 609 au lieu de 69),

à lire des nombres (par exemple, l’enfant inverse visuellement les chiffres et lit 6 au lieu de 9 ou 52 au lieu de 25),

à lire une suite de nombres,

à comprendre le sens des nombres et à les comparer,

à réaliser des calculs arithmétiques simples (du type 5 – 2 = ?), que ce soit à l’écrit ou en calcul mental. Il va compter sur ses doigts et continuera à utiliser cette méthode car il ne parviendra pas à passer à l’abstraction du calcul mental,

à mémoriser les tables d’addition et de multiplication,

à distinguer les différents symboles : +, -, × et / avec la difficulté à comprendre des concepts tels que « deux fois plus que », « moins que », etc.

 

La dyspraxie

 

La dyspraxie est un trouble dans l’exécution automatique de gestes déterminés.

 L’élève doit contrôler volontairement chacun de ses gestes, ce qui est très coûteux en attention, et rend la coordination des mouvements complexes de la vie courante extrêmement difficile, donc rarement obtenue.

Cette difficulté se traduit par :

une écriture mal formée, lacunaire,

une tenue de l’outil scripteur défaillante,

le plus grand mal à classer, ordonner dans des classeurs, porte-vues etc.

une incapacité à planifier des gestes (handicapant en sport, en géométrie, en représentation dans l’espace pour poser des opérations par exemple),

une problématique pour des gestes complexes comme faire ses lacets ou pour le découpage.

 

Il est à savoir que les grands prématurés présentent plus de risques.

 

De nouveau, je vous renvoie vers cet excellent article du site orthophonie.com qui vous précisera notamment les différentes formes de la dyspraxie qui peut également être une dyspraxie verbale.

 

 

La dysorthographie :

C’est un trouble dans la capacité à acquérir les compétences en orthographe.

L’élève a des difficultés à :

respecter l’orthographe des mots car il les mémorise avec le plus grand mal,

fautes d’orthographe ;

découpages anarchiques des mots avec des mots collés (pas de réglementation des mots dans la phrase), notamment les articles avec les noms auxquels ils renvoient (« unabit » pour « un habit » ou encore ojourdui pour aujourd’hui) ;

sons transformés (« fagile » pour « fragile »;) ou syllabes (« vragile »;) avec des confusions de sons répétées et qui perdurent dans le temps,

ajout de lettres ou de syllabes erronées, exemple pour les mots de plus de 3 syllabes comme « autobus » l’élève va écrire « automobus » ou« otmobobus »,

inversion des lettres dans un mot (« fargile » notamment sur ceux qui contiennent les syllabes complexes « cre-dre-fre-bre », « octobre sera écrit « october »;),

à recopier un texte, avec des oublis de mots, de lignes entières ou des parties manquantes,

à conjuguer et à faire l’accord correctement dans le groupe nominal et le groupe verbal,

à organiser des phrases syntaxiquement correctes ; exemple pour : « Le chat a mordu la souris.» L’élève va écrire « Le cha amdu alsouri ».

 

Je vous vois venir, on aurait tendance à y inclure plus de la moitié des élèves ^^ Cependant il faut que les erreurs soient flagrantes, répétées, et qu’il n’y ait pas ou peu d’évolution sur une longue période d’apprentissage afin d’avérer une dysorthographie.

 

La dysphasie :

La dysphasie est un trouble lié à la communication verbale.

Elle peut cibler plus particulièrement l’expression (« dysphasie expressive »;), la compréhension (« dysphasie de réception »;) ou les deux à la fois (« dysphasie mixte »;).

C’est un trouble structurel de l’apprentissage du langage, d’une anomalie du développement du langage.

Les difficultés sont donc :

une altération du langage oral,

des phrases mal structurées,

un style syntaxique très télégraphique,

une compréhension déficitaire du langage oral,

une faiblesse du vocabulaire.

 

2. Alors quoi faire en classe, comment aider nos élèves DYS ?

 Tout d’abord, je rappelle que vous ne pouvez pas poser de diagnostic. Il faut donc communiquer avec la famille, prendre des rendez-vous, inciter les parents à prendre rendez-vous avec un orthophoniste pour réaliser un bilan.

Une fois le bilan établi et le diagnostic posé, il va falloir :

différencier les tâches et activités de classe (dans ma classe je propose le plus souvent 3 niveaux de différenciation en production d’écrit, en lecture / compréhension ou encore en numération),

proposer des supports différenciés (des sous-mains spécifiques DYS, utiliser les cartes mentales appelées aussi cartes heuristiques, utiliser l’orthographe illustrée, penser aux polices d’écriture spéciales DYS),

laisser plus de temps,

donner des consignes de passation plus visuelles avec beaucoup d’exemples et des élèves démonstrateurs,

être en aide, en soutien plus fréquemment avec cet élève,

mettre en place un système de tutorat entre pairs (on ne peut pas encore se dédoubler en permanence),

avoir recours à la co-intervention avec un maître E (si vous avez la chance d’avoir l’intervention dans votre école)

se servir des maîtres E ou des orthophonistes comme personnes ressources,

consulter les sites d’enseignants spécialisés comme Dys é moi zazou.

 

Pour vous aider voici une liste non-exhaustive d’outils et de sites à consulter et à garder dans vos favoris ou marque-pages :

 

Garder dans vos classeurs les schémas bulles sur chaque DYS afin de vous aider à repérer les enfants DYS

Vous les trouverez ici : Dys en schémas bulle

Une mine d’or d’informations pour enseignants, parents sur tous les troubles avec un dictionnaire illustré, des films d’animation, l’explication des dysfonctionnements cognitifs, les textes officiels sur les DYS : le site du CNDP de Versailles.

Une référence pour aider les DYS : l’ANAPEDYS association nationale d’association de parents et d’enfants DYS.

Une application en ligne pour adapter tout type de texte aux élèves DYS Aidodys

 Des logiciels, des outils, du matériel pour les élèves DYS sur le site Dysmoitout

 

Voilà j’espère vous avoir pour le moins éclairés et au mieux aidés.

Les limites. Par Anne-Cécile George

Publié le 8 février 2017 à 15:25 Comments commentaires (1781)

 

Dans mes dernières chroniques, j’ai souvent abordé l’importance de la bienveillance envers l’enfant pour son bien-être physique et psychique mais surtout parce qu’elle concoure à un développement neuronal harmonieux. Néanmoins, je n’ai jamais abordé la question des limites qui pourtant tiennent une place essentielle dans l’éducation et qui contribuent à l’équilibre du tout petit.

L’enfant a besoin de limites pour se construire, et la métaphore de la montagne pour l’expliquer semble appropriée (surtout en cette période hivernale). Imaginons une montagne à gravir, un enfant à ses pieds. L’adulte va construire des trottoirs pour tracer le chemin de l’enfant. Les limites. Le trottoir ne sera pas trop étroit, sinon il est difficile pour l’enfant de progresser. Mais il ne sera pas non plus trop large, au risque que l’enfant soit perdu. Il sera ajusté régulièrement en fonction des étapes pour faciliter sa progression. Ainsi il atteindra la Pointe Percée et je vous laisse deviner ce que sera le sommet pour nos enfants. Mettre des limites au petit d’homme, c’est l’aider à grandir, à s’intégrer dans la société, à se construire dans de bonnes conditions. Mettre des limites à son enfant, c’est l’aimer.

Bien souvent, on confond « mettre des limites » avec « taper» ou « crier» (pour ne pas dire « se défouler ») tout comme on confond « être bienveillant » avec le « laisser tout faire ». Un vrai travail d’équilibriste pour nous parents ou pour nous co-éducateurs. Alors que les neurosciences nous apportent la connaissance sur l’importance de la bienveillance dans le développement du cerveau, remettons au centre les autres moyens de dire stop sans confondre limites et violence. Je suis l’adulte, c’est moi qui décide, mais c’est aussi moi qui gère mes émotions.

Jean Epstein, lors d’une conférence, donnera l’exemple très parlant de l’enfant qui joue à lancer son ballon sur le carreau vitré de la voisine. Pour éviter la confrontation, on entendra parfois : « viens ne joue pas à ça, la voisine ne va pas apprécier, elle n’aime pas les enfants », phrase qui 1. Donne raison à l’enfant, 2. Reporte l’erreur sur l’adulte et 3. Revient à dire que la voisine est une vieille mégère qui n’aime pas les marmots ! Il convient de dire « stoppe ton jeu, ce que tu fais n’est pas respectueux, joue plutôt dans le jardin ». Ce sont ces limites qui feront de nos enfants, des adultes respectueux d’autrui et de leur environnement. C’est maintenant que nous devons leur apprendre qu’il est interdit de jeter un papier par terre. Maintenant que leur cerveau est le plus plastique, qu’il emmagasine les informations par milliers.

L’enfant n’a pas à décider pour ses parents car ce n’est pas l’enfant qui met les limites à ses parents : où ils doivent aller ou ne pas aller, ce qu’ils doivent manger ou ne pas manger, ... Au risque d’en arriver à des situations complexes où l’enfant est dans la toute-puissance : « on ne peut plus aller chez tante Geneviève car Loris n’aime pas aller là-bas, du coup on ne l’a pas vu depuis 6 mois » (ce qui est fort dommage car en passant les confitures de tata Geneviève sont à tomber par terre!) « on ne mange plus de haricots verts depuis son arrivée, il n’aime pas ça donc on n’en fait pas, sinon c’est la crise ». Craindre son enfant, ou plutôt les réactions que pourraient avoir son enfant, revient à dire que c’est lui, petit d’homme, qui dictera la bonne conduite de ses parents. On ne demande pas de forcer son enfant à manger des haricots verts mais lui en proposer, sous différentes formes. Réessayer plusieurs fois. Sans non plus cristalliser le moment des repas autour des haricots verts ! Sans rentrer dans le chantage, avec « si tu manges tes haricots verts, tu auras ton yaourt ». Car le yaourt n’est pas une récompense… Il fait partie de l’équilibre alimentaire de l’enfant. Alors quoi ? Lâcher prise. Proposer de manière neutre. L’enfant se fiera aux réactions de l’adulte pour moduler les siennes. Voir qu’un refus de sa part n’engendre que peu de réaction chez son parent, cela revient à laisser tomber.

A la crèche, nous proposons l’ensemble du repas sur un plateau. De l’entrée au dessert. Pas d’enjeux. Comme l’enfant a l’assurance d’avoir son dessert, son bout de pain, ou autre, la tension disparait. Les adultes veillent au bon déroulement du repas. Mais ne forcent pas. Si un enfant ne mange pas, ils ne diront pas « puisque c’est comme ça, tu auras les restes au gouter, et au repas du soir, et même au petit déjeuner ! » (et on pourrait encore ajouter : na ! »). Pas de violence éducative ordinaire. Des limites données avec bienveillance (énoncer les interdits : on ne jette pas les boulettes de pain sur les adultes ou il est interdit de mettre de la purée dans les cheveux du voisin… car oui, l’adulte bienveillant n’est pas un zombie, il sait mettre des limites). Et les enfants mangent très bien !

Trouble anxieux

Publié le 4 février 2017 à 0:10 Comments commentaires (1903)

 

10 choses à savoir sur les troubles anxieux

 -Bien qu'elle touche tout le monde sans distinction d’âge, de sexe ou de milieu culturel, l’anxiété est plus ou moins présente selon les régions du monde concernées.

 

Aux États-Unis, par exemple, les formes les plus communes de maladie mentale sont les troubles de l’anxiété (phobie sociale, troubles obsessionnels compulsifs, agoraphobie, trouble panique, anxiété généralisée…) dont souffrent environ 18% des adultes, pour un coût total de 42 milliards de dollars par an.

 

Si la plus vaste étude mondiale jamais entreprise montre que notre pays est sans égal à cet égard, d’autres régions du monde, dont l’Europe de l’Ouest, affichent des taux particulièrement élevés. Qui plus est, au sein de la société américaine, certains groupes risquent davantage que d’autres d’en être affectés.

 

Olivia Remes, qui a mené ces travaux, étudie l’anxiété à l’université de Cambridge. Elle a passé au crible 48 des études les plus fiables ou les plus exhaustives sur la prévalence de l’anxiété à travers le monde, ce qui lui a permis d’identifier les cibles privilégiées par sexe et classe d’âge, mais aussi de combler les lacunes dans la compréhension de certains groupes.

 

“Il faut absolument multiplier les études sur la population gay, lesbienne et bisexuelle (LGBT), car elle souffre d’un réel problème d’anxiété”, souligne-t-elle. “De même, les aborigènes canadiens, américains, néo-zélandais et d’autres parties du monde présentent des risques accrus de mauvaise santé, sans parler de leur bien-être psychologique dont nous ne savons pratiquement rien.”

 

Pourquoi il faut tenir compte des troubles de l’anxiété?

 

En dépit de leur prévalence, et bien que cette affection invalidante nécessite un traitement, les troubles de l’anxiété continuent d’être minimisés.

 

Si un minimum d’anxiété peut nous aider à rester vigilants, les troubles non traités génèrent des sentiments de peur, voire de terreur, incontrôlables qui perturbent notre quotidien et nous empêchent de faire ce dont nous avons envie. Mieux les connaître permet de combattre les stigmates de la maladie mentale et de venir en aide à ceux qui en ont besoin.

 

“Ils sont facteurs de suicide, de handicap et de mauvaise qualité de vie”, ajoute Olivia Remes. “Si nous ne savons pas qui ils touchent en priorité, nous ne pouvons rien faire pour alléger ce fardeau humain et économique.”

 

Voici les 10 idées marquantes de cette enquête mondiale sur cette pathologie:

 

1. Les femmes ont deux fois plus de chances d’en être victimes que les hommes.

 

Dans les pays développés ou en développement, le risque pour les femmes continue à être 1,9 fois plus élevé que pour les hommes.

 

2. Les jeunes sont plus touchés.

 

Quel que soit le milieu culturel étudié, les moins de 35 ans sont plus vulnérables aux pathologies de ce type que leurs aînés. Et ce, dans tous les pays concernés, hormis le Pakistan, où la population d’âge mûr qui la plus affectée.

 

3. L’addiction aux opioïdes augmente les risques.

 

Chez les personnes qui abusent des opioïdes, on constate une présence de symptômes anxieux allant de 2 à 67% des sujets étudiés (les diagnostics avérés avoisinent les 29%). Chez les Américains, ce chiffre atteint 16%.

 

4. Les personnes souffrant de dépendance au jeu ou à internet y sont plus vulnérables.

 

Outre la dépendance aux opioïdes, le jeu pathologique et la cyberdépendance semblent constituer deux autres facteurs de risques. À l’échelle mondiale, 37% des joueurs pathologiques disent souffrir de troubles de l’anxiété. Les études sur la cyberdépendance (principalement dans les pays asiatiques) ont révélé une prévalence de l’anxiété deux fois plus importante que chez les groupes témoins.

 

5. Bien souvent, ils s’accompagnent d’autres maladies mentales et neurologiques.

 

Les personnes bipolaires, schizophrènes ou atteintes de sclérose en plaques sont plus à même de développer des troubles de l’anxiété. En Europe, 13 à 28% des bipolaires en souffrent. A travers le monde, 12% des schizophrènes sont victimes de troubles obsessionnels compulsifs. Enfin, près de 32% des individus atteints de sclérose en plaques, une maladie neurologique, sont victimes de troubles de l’anxiété (ou de symptômes anxieux pour plus de la moitié).

 

6. Des maladies apparemment sans lien entre elles entraînent des taux d’anxiété élevés.

 

Ceux qui souffrent de maladies cardiovasculaires, de cancers, de problèmes respiratoires, de diabète et d’autres maladies chroniques présentent plus de risques d’avoir des troubles de l’anxiété. Ainsi, 2 à 49% de ceux qui ont une insuffisance cardiaque congestive ont également des symptômes d’anxiété. Les attaques de panique, elles, touchent 10 à 50% des victimes de maladie coronarienne.

 

De leur côté, les patients atteints de cancer présentent des taux d’anxiété allant de 15 à 23%. Ce risque accru touche aussi les survivants et leurs conjoint-e-s. Dans le monde, les personnes à qui l’on a diagnostiqué un cancer il y a deux ans présentent un taux d’anxiété plus important que la moyenne (18% contre 14%). Quelque 40% de leurs conjoint-e-s en font aussi l’expérience.

 

7. Les personnes atteintes de maladies chroniques souffrent également d’anxiété.

 

Comparés aux groupes témoins, les diabétiques risquent davantage de développer des troubles ou des symptômes d’anxiété, et les femmes plus que les hommes. L’anxiété est par exemple présente chez 55% des femmes diabétiques et 33% des hommes.

 

8. Ils pourraient être la conséquence d’un traumatisme.

 

Les gens qui ont subi un traumatisme peuvent également avoir des taux inhabituellement élevés d’anxiété. Des enquêtes menées auprès de vétérans britanniques et américains dont les membres ont été amputés révèlent qu’elle affecte entre un quart et plus de la moitié d’entre eux. Quant à ceux qui ont été victimes d’agressions sexuelles, ils affichent des taux d’anxiété allant de 2 à 82%.

 

9. L’anxiété est à surveiller durant la grossesse.

 

Alors qu’on constate un taux de troubles obsessionnels compulsifs de 1% dans la population mondiale, ce chiffre est de 2 et 2,4% respectivement chez les femmes enceintes et en post-partum.

 

Selon des enquêtes menées en Ethiopie et au Nigéria, l’anxiété touche davantage les femmes enceintes et celles qui viennent d’accoucher (respectivement 15 et 14%), et plus encore les femmes jeunes.

 

10. Certaines sous-catégories vulnérables sont plus exposées.

 

Dans les pays occidentaux, la population gay, lesbienne ou bisexuelle, et notamment féminine, connaît des taux d’anxiété plus élevés que la normale. On estime que 3 à 20% des hommes y sont confrontés, contre 3 à 39% des femmes.

 

Les symptômes sont également plus fréquents chez les personnes âgées, particulièrement chez celles qui souffrent de dysfonction cognitive. 11 à 75% des seniors atteints de légers troubles cognitifs présentent des problèmes d’anxiété. Qui plus est, 4 à 77% du personnel soignant déclarent lui aussi en souffrir.

 

Olivia Remes souhaite que ses recherches, qui mettent l’accent sur les populations les plus affectées, incitent les pouvoirs publics et les systèmes de santé à faire bénéficier ces groupes à haut risque de ressources, et de meilleures méthodes de dépistages et d’interventions.

 

“J’espère que notre enquête les conduira à envisager l’anxiété comme un problème majeur et aboutira à une multiplication des recherches afin que ceux qui en sont les victimes puissent obtenir l’aide et les traitements dont ils ont besoin”, conclut-elle. “La santé mentale est un droit fondamental.”

 

Cet article, publié à l’origine sur le Huffington Post américain, a été traduit par Catherine Biros pour Fast for Word.

La néophobie alimentaire : un stade déroutant

Publié le 31 janvier 2017 à 15:40 Comments commentaires (1447)

La néophobie alimentaire : un stade déroutant

Vers 18/24 mois, beaucoup d’enfants refusent les aliments nouveaux qu’on leur présente dans l’assiette. Loin d’être un caprice, il s’agit d’une phase appelée « néophobie alimentaire ». Voici quelques clés pour comprendre cette période et adopter le comportement adéquat.

néophobie alimentaire

C’est quoi la néophobie alimentaire ?

La néophobie alimentaire c’est la réticence et/ou le rejet à manger des aliments nouveaux. Cela va alors se traduire par un comportement différent de l’enfant face à son assiette. Il va passer plus de temps à explorer sa nourriture : la triturer, l’observer, la sentir…

Mais cette définition pose une autre question, prévient Virginie Soulet, psychologue pour enfants qui réalise une thèse sur la néophobie alimentaire. : « Qu’est ce qu’un aliment nouveau pour un enfant ? » En effet, un bébé qui a souvent mangé de la carotte en purée, la reconnaît-elle quand elle est râpée ? Considère t-il la carotte râpée comme un nouvel aliment ? « Les aliments nouveaux ne sont pas forcément ceux auxquels on pense, nous, en tant qu’adultes. C’est « nouveau » quand l’enfant ne le reconnaît pas comme connu », explique la psychologue. « Il suffit parfois d’ ajouter des brins de persil sur le plat pour qu’il soit identifié comme nouveau et que l’enfant refuse de le manger » poursuit-elle.

 

Le comportement de l’enfant en phase de néophobie alimentaire

Il semblerait que certains enfants présentent une réticence à gouter de nouveaux aliments dès 6 mois. Ils seraient néanmoins peu nombreux. En revanche, à 18/24 mois, ça touche beaucoup plus d’enfants ! Ils vont alors fermer la bouche quand la cuillère s’approche, détourner la tête, pousser l’assiette, observer l’aliment pendant de longues minutes sans jamais vouloir le goûter…

« Il y aurait plusieurs niveaux dans l’intensité de la néophobie alimentaire », détaille Virginie Soulet. Il y a le degré 0 : certains enfants ne connaissent pas ce stade.

On distingue ensuite la néophobie flexible : il s’agit plutôt d’une réticence à manger. L’enfant hésite à goûter l’aliment, il le triture beaucoup. Il a beaucoup de comportements exploratoires face à son assiette. Certains enfants vont tout de même porter à la bouche une infime partie de l’aliment, sans vraiment le manger. Il y a la néophobie rigide : il s’agit du rejet total de tout aliment nouveau.

Il y a enfin l’hyper sélectivité alimentaire, qui relève cette fois de la pathologie. Dans ce cas, l’enfant mange extrêmement peu d’aliments.

La néophobie n’existe pas uniquement chez l’humain. Elle a aussi été observée chez les animaux. Quand l’enfant devient autonome, il développerait un mécanisme de défense qui permettrait à l’organisme de se prémunir d’éventuels empoisonnements. C’est la raison pour laquelle la néophobie alimentaire apparaitrait plus précisément autour de 18/24 mois : l’âge où l’enfant est en mesure d’explorer activement son environnement (ouvrir les placards, attraper tout ce qu’il veut…).

 

L’étude que Virginie Soulet est en train de mener tend aussi à montrer que le degré d’intensité de néophobie alimentaire est étroitement lié à la phase d’individuation de l’enfant. A 18/24 mois, l’enfant affirme son caractère. L’alimentation serait donc un domaine supplémentaire dans lequel il peut s’affirmer.

 

Néophobie alimentaire : quelle attitude adopter ?

Souvent, les enfants ont une attitude différente avec les parents ou leurs référents (que ce soit à la crèche ou chez une assistante maternelle). Vous rencontrerez probablement moins de résistance. Néanmoins, voici quelques conseils pour que tous les repas se déroulent au mieux.

 

• Leur proposer de goûter un tout petit bout.

« Si on force l’enfant à manger ou même à goûter un aliment, cela devient contre-productif. Plus il voit que la professionnelle veut lui faire avaler une cuillère d’haricots verts par exemple, moins il sera enclin à le faire », explique la psychologue. L’astuce pour les amener à dépasser leur néophobie ? Leur proposer de goûter un minuscule bout de l’aliment concerné, une partie vraiment infime. Car quand on demande à un enfant de goûter son plat, il comprend plutôt « mange ton plat » (et il n’a pas tout à fait tort). Si, en revanche, vous lui découpez un tout petit bout, il comprend réellement qu’il s’agit bien de goûter le morceau de fruit ou de fromage en question, et non de tout manger.

 

• Les laisser explorer la nourriture

« On dit souvent aux enfants « C’est pas bien de jouer avec la nourriture ». Pourtant beaucoup d’enfants ont besoin de passer par une phase exploratoire importante : touiller, tripoter, sentir, enfoncer ses doigts dans l’aliment pour enfin accepter de le mettre en bouche » explique Virginie Soulet. Laissez-donc les enfants explorer la nourriture.

 

• Se servir de l’imitation

L’imitation est un mécanisme d’apprentissage. Servez-vous en ! Un enfant refuse un aliment ? Faites-le gouter aux autres ! S’il voit ses camarades le mettre en bouche, il peut alors être incité à en faire autant.

 

• Ajouter de la familiarité

Si vous avez la possibilité de le faire, ajoutez un aliment connu dans son assiette. Il ne reconnaît pas un légume dans son assiette et refuse de le manger ? Ajoutez par exemple du gruyère, qu’il apprécie et connaît déjà. Il sera alors plus enclin à goûter le nouvel aliment.

 

• Les faire participer à la préparation du repas

Les ateliers culinaires mis en place dans les crèches peuvent être d’une grande aide pour les enfants en phase de néophobie alimentaire. En effet, pendant la préparation d’une recette, ils se familiarisent avec les aliments. Ils les touchent, les sentent, se lèchent les doigts… Cela leur permet de réaliser la phase exploratoire. Au moment du repas, ils mangeront alors plus facilement les aliments nouveaux qu’ils ont préparés eux-mêmes.

 

Les pros : un rôle de choix face aux parents

Souvent, les parents sont très anxieux dès que cela concerne l’alimentation. Vous avez alors un véritable rôle à jouer dans la réassurance. « Dédramatisez la situation », insiste Virginie Soulet. « Ce n’est pas parce qu’un enfant n’a pas mangé son déjeuner que c’est dramatique» poursuit-elle.

Rassurez-les pour qu’ils puissent ensuite être plus détendus face aux repas. Discutez avec eux, échangez sur le sujet… Ils seront alors plus enclins à lâcher-prise. « Dès qu’il y a une forme de lâcher-prise sur l’alimentation de l’enfant, on observe un changement de comportement » commente la psychologue. L’enfant voit qu’il y a moins d’enjeux sur son assiette et recommence à manger.

Les professionnels de la petite enfance peuvent donc être des interlocuteurs de choix pour calmer les angoisses des parents et les aider à gérer au mieux la phase de néophobie alimentaire que traverse leur enfant.

 

Ni tape, ni punition ! Des paroles et des câlins ! Par Monique Busquet

Publié le 31 janvier 2017 à 15:35 Comments commentaires (1675)

Ni tape, ni punition ! Des paroles et des câlins ! Par Monique Busquet

Psychomotricienne

A l’heure où la loi qui interdit la violence éducative et la fessée fait encore polémique, il est essentiel de communiquer et partager à ce sujet.

Nombreux parents, mais aussi certains professionnels pensent qu’une fessée ou une petite tape sur les mains n’a jamais fait de mal à personne. Cela leur paraît être le moyen le plus simple et efficace de faire comprendre à un bébé ce qu’il ne doit pas toucher par exemple.

Cette pratique a heureusement disparu des établissements d’accueil, les professionnels ont intégré que cela leur est absolument interdit. Mais parfois au fond de chacun de vous, peut-être que cela n’est pas si clair…

Pourtant soyez en sûrs : donner une petite tape « même légère » sur les doigts est un contre-message et cela aboutit à l’effet inverse.

En effet, que comprend un enfant lorsque l’adulte se permet une tape pour lui signifier son mécontentement : il voit que l’adulte tape lorsqu’il n’est pas content et veut obtenir quelque chose!

Or vous savez que les enfants apprennent par imitation. Nos actes sont plus forts et ont plus de poids que nos paroles. Ils vont donc imiter ce que nous faisons. Une fessée, comme une petite tape donnent en modèle les coups et la force physique au lieu des mots… Pourquoi et comment leur dire de ne pas taper si nous tapons nous-mêmes ? Quelle crédibilité ont alors nos paroles ?

Mais alors? Comment faire comprendre aux enfants les interdits lorsqu’ils n’obéissent pas ? Que pouvons- nous faire ? Les punir, les « mettre au coin » ? Non plus !

Parce qu’ « une punition », est pensée pour « embêter » l’enfant : cherche à lui faire vivre quelque chose de désagréable pour qu’il comprenne qu’il ne doit pas faire lui-même quelque chose de désagréable. C’est un peu « œil pour œil, dent pour dent » ! Là encore l’enfant risque d’imiter les comportements de l’adulte : « quand on n’est pas content, on cherche à embêter ». Ce n’est pas ainsi qu’un enfant intègre les règles, les interdits et le respect de l’autre.

Alors, que faire ?

Dire non et le répéter, empêcher l’enfant de toucher ou taper, avec une autorité claire et confiante, est beaucoup plus efficace et éducatif. Lui parler, l’écouter, le comprendre, accueillir ses émotions, sa colère, ses envies, continuer à communiquer, le prendre dans ses bras pour l’aider à s’apaiser.

Il a besoin de l’aide de l’adulte pour réguler ses émotions, il a besoin d’être accompagné lorsque sa curiosité, sa frustration, son énervement ou sa colère le débordent.

Plus un enfant reçoit des tapes, plus il tapera aussi.Plus vous montrez de la bienveillance, de l’écoute, de l’acceptation, de l’empathie vers ce qu’il ressent, plus cet enfant fera comme vous avec les autres.

Faites-lui confiance !

Les chroniques de Monique Busquet

 


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